Wimbledon: la solitude va si bien à Jo-Wilfried Tsonga

TENNIS Toujours sans entraîneur, le Français vise une place en finale de Wimbledon vendredi face à Novak Djokovic...

Alexandre Pedro

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Le tennisman Jo-Wilfried Tsonga, lors de sa victoire en quart de finale de Wimbledon contre Roger Federer le 29 juin 2011.
Le tennisman Jo-Wilfried Tsonga, lors de sa victoire en quart de finale de Wimbledon contre Roger Federer le 29 juin 2011. — T.Melville/REUTERS

On peut être seul et être l’homme le plus heureux du monde: la preuve avec Jo-Wilfried Tsonga à Wimbledon. Sans entraîneur depuis le 4 avril dernier et la fin d’une collaboration de sept ans avec Eric Winogradsky, le Français aborde sa demi-finale de vendredi face à Novak Djokovic en toute décontraction. «J'avais souvent tendance à me plaindre pour tout et n'importe quoi, confessait-il mercredi après son ébouriffante remontée contre Roger Federer. Je me plaignais parce que la voiture était en retard ou parce que dans mon box, mon entraîneur ne m'encourageait pas assez.»

Aujourd’hui, Tsonga voyage en solitaire, ou presque, et ne se plaint plus. A Londres, il est accompagné de son petit frère Enzo et de Michel Franco, l’indispensable kiné et confident. Mais question tennis, le joueur a pour toute compagnie ses DVD de match, comme il l’expliquait au moment de Roland-Garros. «Avant Eric [Winogradsky] me disait toujours de regarder et d'analyser mes matches et je lui répondais : “Mais tu le fais pour moi !”. Maintenant, je récupère les DVD et je fais une autocritique sensée et productive.»

«Quand on a été en couple une fois, on aspire à l’être de nouveau»

Nouvelles méthodes mais surtout nouvelle attitude. Ce changement de comportement n’a pas échappé à Fabrice Santoro. «J’ai passé une journée avec lui la semaine dernière à Londres et j’ai trouvé un garçon plus heureux de jouer au tennis, très décontracté, on sent qu’il prend plus de plaisir à exercer son métier». Mais pour le consultant RTL et Canal +, cette escapade en solitaire ne doit pas se transformer en célibat longue durée. «Jouer sans entraîneur est peut-être une bonne chose à court terme, ça le responsabilise, mais je ne le vois pas poursuivre seul. L’entraîneur et le joueur forment un couple. Et quand on a été en couple une fois, on aspire à l’être de nouveau.»

Pour Santoro, le précédent Federer – qui a forgé une grande partie de son palmarès sans entraîneur –  ne compte pas: «Roger était officiellement sans entraîneur, mais il disposait d’une grosse structure autour de lui avec Séverin Lüthi qui faisait office de coach.» Accompagné ou pas, la question ne se pose pour tout de suite. Jo-Wilfried Tsonga sera bien tout seul face à Novak Djokovic et son destin vendredi sur le gazon de Wimbledon.