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romain scotto

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Tsonga évolue sans coach depuis des mois, et ça lui réussit plutôt bien.
Tsonga évolue sans coach depuis des mois, et ça lui réussit plutôt bien. — T. MELVILLE / REUTERS

Il fallait donc croire Jo-Wilfried Tsonga. Il y a un peu plus d'un mois, le Français ne faisait pas grand cas de son élimination à Roland-Garros au troisième tour contre Wawrinka. Le Manceau ne parlait alors que de « plaisir sur le court », de « joie d'être en bonne santé » et envie démesurée « d'enchaîner les résultats ». Cela lui a permis hier de réaliser face à Federer l'un de ses plus grands matchs. Un exploit face à un joueur qui n'avait jamais mis le genou à terre après avoir remporté les deux premiers sets, en 178 matchs en Grand Chelem (3-6, 6-7, 6-4, 6-4, 6-4).
Dans son jardin, l'ex-numéro 1 mondial a laissé échapper quelques larmes après la balle de match. Marqué par 3 h 09 de combat, il a attendu le Français pour regagner le vestiaire et le féliciter. Pendant trois sets, Tsonga s'est régalé en enchaînant les services, passings et volées gagnantes. Une habitude depuis le début du tournoi, face à Soeda, Dimitrov, Gonzalez ou Ferrer.

« C'était ahurissant »
Reproduire cela face au sextuple vainqueur du tournoi ne tenait qu'à « sa capacité à prendre un peu plus de risques », note Guy Forget, son capitaine de Coupe Davis, également consultant Canal+. « C'est ce qui est arrivé. Il a renversé la vapeur en pratiquant un tennis à sens unique. Tout y est passé. »
Juste après sa danse des pouces, celui qui défiera Djokovic demain en demi-finale était lui-même interloqué par sa partition jouée sur le Central. « Je remettais tout dans le court, c'était ahurissant, a-t-il déclaré sur Canal+. C'est fou, Roger est le plus grand champion dans mon sport. Je vais savourer ça avec mes amis et ma famille. » Les seules personnes qui garnissent son box à Wimbledon, comme c'est le cas depuis le début du printemps. Sans coach, Tsonga peut atteindre sa 2e finale en Grand Chelem (après celle de 2008 à Melbourne). Et pourquoi pas faire de l'ombre à Noah, dernier Français vainqueur d'un majeur, en 1983. L'histoire ne tient qu'à deux victoires.