Wimbledon: Tsonga renverse le roi Federer

TENNIS Le Français s'impose en cinq sets contre le Suisse et accède aux demi-finales...

Romain Scotto

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Le tennisman Jo-Wilfried Tsonga, lors de sa victoire en quart de finale de Wimbledon contre Roger Federer le 29 juin 2011.
Le tennisman Jo-Wilfried Tsonga, lors de sa victoire en quart de finale de Wimbledon contre Roger Federer le 29 juin 2011. — T.Melville/REUTERS

Il fallait donc croire Jo-Wilfried Tsonga. Il y a un peu plus d’un mois, le Français ne faisait pas grand cas de son élimination à Roland-Garros au troisième tour contre Wawrinka. Pas une once de dépit dans la bouche de celui qui avance sans coach depuis trois mois. Le Manceau ne parlait alors que de «plaisir sur le court», de «joie d’être en bonne santé» et envie démesurée «d’enchaîner les résultats». Cet alliage diffus lui a permis jeudi de réaliser face à Federer l’un de ses plus grands matchs. Un exploit face à un joueur qui n’avait jamais mis le genou à terre après avoir remporté les deux premiers sets, en 178 matchs en Grand Chelem (3-6, 6-7, 6-4, 6-4, 6-4).

Dans son jardin, l’ex-numéro 1 mondial a même laissé échapper quelques larmes après la balle de match. Marqué par 3h09 de combat, il a attendu le Français pour regagner le vestiaire et saluer son récital. Pendant trois sets, Tsonga s’est régalé en enchaînant les services, passings et volées gagnantes. Une habitude depuis le début du tournoi, face à Soeda, Dimitrov, Gonzalez ou Ferrer. Reproduire cela face au sextuple vainqueur du tournoi ne tenait qu’à «sa capacité à prendre un peu plus de risques» note Guy Forget, son capitaine de coupe Davis, également consultant Canal+. «C’est ce qui est arrivé. Il a renversé la vapeur en pratiquant un tennis à sens unique. Tout y est passé.»

«C'était ahurissant»

Juste après sa danse des pouces, celui qui défiera Djokovic vendredi en demi-finale était lui-même interloqué par la partition jouée sur le Central. «Je remettais tout dans le court, c’était ahurissant, a-t-il glissé au micro de Canal+. C'est fou, Roger est le plus grand champion dans mon sport. C'est le meilleur joueur du monde. Pour moi, ça restera comme l'un des meilleurs souvenirs de ma carrière. C'était parfait, comme dans un rêve.» Les seules personnes qui garnissent son box à Wimbledon, comme c’est le cas depuis le début le printemps. En solo, Tsonga semble en mesure d’atteindre sa deuxième finale en Grand Chelem (après celle 2008 à Melbourne). Et pourquoi pas de faire un peu d’ombre à Yannick Noah, le dernier Français vainqueur dans un majeur, en 1983.  L’histoire ne tient qu’à deux victoires.