Roland-Garros: Fabio Fognini héros sur terre ou roi de la comédie?

TENNIS Le joueur italien a battu Montanes dans un match marathon, malgré une douleur à la cuisse...

Romain Scotto, à Roland-Garros

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Le joueur italien Fabio Fognini, lors de sa victoire à Roland-Garros contre Albert Montanes, le 29 mai 2011.
Le joueur italien Fabio Fognini, lors de sa victoire à Roland-Garros contre Albert Montanes, le 29 mai 2011. — REUTERS

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C’est la poignée de mains la plus froide du tournoi. Montanes effleure à peine celle de Fognini, détournant le regard, comme s’il se retenait de lui briser la raquette sur le crâne. A l’image du public du court Suzanne-Lenglen, l’Espagnol n’a pas vraiment goûté le spectacle offert par son adversaire. Fabio Fognini, donc, Italien de 24 ans qui a joué les cinq derniers jeux sur une seule jambe et sauvé cinq balles de match avant de plier son affaire (4-6, 6-4, 3-6, 6-3, 11-9).
 
Geignant entre chaque point, implorant le ciel et faisant appel au kiné à 8-7 contre lui dans l'ultime set, le 47e mondial a pourtant remporté son bras de fer, malgré la douleur et les doutes de la plupart des spectateurs. Personne ne sait ce que cache réellement cette mise en scène, au cours de laquelle il a tout de même gâché plusieurs occasions de conclure, multipliant les fautes de pieds au service et les amorties dégoulinantes.
 
Montanes esquive le sujet
 
En réalité, le joueur est lui-même incapable de dire quel mal l’a frappé. «Ce n’est pas une crampe. Je croyais aussi, mais c’est plus sérieux. Je ne sais même pas si je vais pouvoir continuer à jouer», confie le beau gosse de San Remo, en pleurs à l’issue du match. En conférence de presse, il avait encore du mal à fléchir les jambes pour se poser sur sa chaise. Réelle blessure ou intox? Le joueur au bandeau se défend d’être un acteur: «Ce n'est pas du théâtre. On parle de mon problème, oui j'ai eu un problème. C'est tout ce que je peux dire et répéter.»
 
De son côté Montanes n’a pas souhaité évoquer le sujet. Avant cette rencontre, Fognini était un de ses amis sur le circuit. Après? «Qu’est ce que vous voulez que fasse? Que je lui tape dessus? Non, je lui souhaite bonne chance pour le prochain match. Je ne veux pas qu’on m’entraîne sur ce terrain. S’il a appelé le kiné, il y avait droit. S’il fait du cinéma, je n’en sais rien.»
 
«Le tennis est un sport très bête»
 
Au terme d’un combat de 4h22, on pourrait croire au scénario épique du joueur arrachant sa place en quart en bravant la douleur. Seulement le bonhomme est un habitué de la déstabilisation. L’an dernier, il avait animé la fin de son match contre Monfils en exigeant l’arrêt de la partie avant la nuit. Cette fois, il s’est fait bander la cuisse alors qu’il semblait d’abord souffrir du mollet... «Bien sûr, j'aurais dû perdre ce match, mais vous savez, le tennis, c'est un sport très bête, inattendu.» Avec des rebondissements empruntés parfois à la Commedia Dell Arte.