Le défenseur français du FC Barcelone, Eric Abidal, dans les bras de Lionel Messi lors d'un match de Liga contre l'Atlético Madrid, le 5 février 2011.
Le défenseur français du FC Barcelone, Eric Abidal, dans les bras de Lionel Messi lors d'un match de Liga contre l'Atlético Madrid, le 5 février 2011. — G.Nacarino/REUTERS

FOOTBALL

Finale de la Ligue des champions: Barcelone-Manchester United, pour l'histoire

Une affiche royale à Wembley...

Y avait-il plus belle affiche? Le FC Barcelone et Manchester United, abonnés aux finales de Ligue des champions ces dernières années, se disputent un peu plus qu'une suprématie ponctuelle en Europe samedi à Wemble: il s'agit d'écrire une page d'histoire.

Ce sont actuellement les deux clubs hégémoniques des deux plus grands championnats du football continental. Vainqueurs chacun trois fois de la C1 dans leur histoire, ils disputent leur 3e finale en cinq ans pour le Barça (vainqueur en 2006 et 2009) et en quatre ans pour MU (en 2008).

Des stars en pagaille

Côté joueurs, un plateau de stars: Barcelone compte huit champions du monde espagnols et le podium du Ballon d'Or 2010 (Messi, Iniesta, Xavi); Manchester s'appuie sur des légendes vivantes (Van der Sar, Giggs) et naissantes (Rooney, Hernandez).

Côté entraîneurs, le Catalan Pep Guardiola bouclerait trois ans roboratifs frôlant la perfection en cas de succès. S'il l'emportait samedi, son homologue Alex Ferguson (titré en 1999 et 2008) rejoindrait le légendaire Bob Paisley, unique entraîneur à avoir remporté trois fois la compétition reine (avec Liverpool en 1977, 1978 et 1981).

L'équation de Ferguson

Ferguson a l'embarras du choix, dans le secteur offensif surtout, avec Rooney, Hernandez, Berbatov, Nani, Park, Valencia... Seuls six Diables Rouges sont des titulaires indiscutables: Van der Sar, Ferdinand, Vidic, Evra, Carrick et Rooney. Ferguson devrait bâtir son onze autour de cette colonne vertébrale...

La principale question se situe au milieu: il s'agit de miser sur le physique comme l'a fait le Real Madrid lors de la récente séquence des quatre clasicos, et/ou de bloquer la relation entre le duo Iniesta-Xavi et Messi, comme l'Inter Milan de Jose Mourinho l'avait réussi en demi-finale aller la saison dernière (victoire 3-1).

Equipte type pour le Barça

Fletcher est le joueur idoine pour ce genre de tâches, mais le milieu écossais n'a repris la compétition que dimanche, pour le dernier match de championnat (4-2 contre Blackpool), après deux mois d'indisponibilité en raison d'un virus, et devrait être remplaçant. Carrick avait été dépassé par Messi en 2009; en phase défensive, Rooney pourrait du coup venir lui prêter main-forte pour entraver les chevauchées de l'Argentin.

En face, Guardiola n'a pas ces états d'âme. Il a une équipe-type, et la seule incertitude concerne le poste d'arrière gauche, Puyol ayant cependant une longueur d'avance sur Abidal, tandis que Mascherano poursuivrait son intérim dans l'axe aux côtés de Piqué.

Les acteurs sont prêts, le décor est planté, à Londres. Manchester jouera-t-il à domicile ? En Angleterre, "il y a beaucoup de tribalisme, juge Ferguson. Nous n'aurons pas un soutien unanime". Guardiola se sentira peut-être davantage chez lui: c'est à Wembley qu'il avait contribué, en tant que joueur, à décrocher la première C1 du Barça (1-0 a.p. contre la Sampdoria Gênes).