A Clairefontaine, les quotas agacent

FOOT Le Pole de formation de la FFF tenait mercredi une journée de sélection de jeunes...

B.V.

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Gérard Prêcheur, le directeur de l'INF, au milieu des enfants lors d'une journée de sélection à Clairefontaine
Gérard Prêcheur, le directeur de l'INF, au milieu des enfants lors d'une journée de sélection à Clairefontaine — A.Gelebart / 20minutes.fr

Généralement, le terrain couvert de Clairefontaine abrite les entraînements de l’équipe de France lorsque le temps se gâte. Mais ce mercredi, il était réservé à une trentaine d’enfants, originaires de la région parisienne et en compétition pour intégrer l’Institut national du football (INF), pôle de formation au haut niveau de la Fédération, dont sont notamment issus Thierry Henry ou Nicolas Anelka. Symboliquement nés en 1998, l’année de la victoire «black-blanc-beur», ces gamins se retrouvent sans le vouloir au cœur de l’affaire des quotas.

Une sélection sans considération ethniques

«Mon fils m’a interrogé là-dessus, explique Koné, d’origine malienne, en regardant son rejeton slalomer pied droit - pied gauche entre trois plots. Il voulait savoir si, eu égard à sa couleur de peau, les choses étaient faussées d’avance.»  Rapidement, la réponse est venue de Gérard Prêcheur, le directeur de l’INF, qui s’est présenté lui-même devant la presse. «Ce n’est bien évidemment le cas, lâche-t-il. On essaye d’être le plus juste possible, en excluant tout critère ethnique.» Auditionné par la FFF mardi pour sa présence lors de la réunion du 8 novembre, Prêcheur a cherché avant tout à éteindre au maximum l’incendie, tout en évitant soigneusement de s’exprimer sur l’enquête en cours. «Nous avons volontairement ouvert nos portes car nous n’avons rien à cacher, justifie-t-il. Nous sommes prêts à parler aux enfants, à leur expliquer comment nous les sélectionnons. »

«Je croyais que Laurent Blanc était quelqu’un de bien»

«J’ai peur pour l’avenir du sport français, explique-t-il. C’est mauvais pour ceux qui s’occupent des clubs de quartiers, des petites équipes. Ceux qui ont dit ça sont dans irresponsables, ils devraient démissionner. C’est raciste.  Est-ce que demain, on va dire à un black qui va s’engager dans l’armée « tu ne vas pas porter le treillis français ?’» «Je croyais que Laurent Blanc était quelqu’un de bien, enchaîne, cynique, un autre père. Je suis surpris. Il doit porter le chapeau.» Quant à la question de la binationalité, elle est rapidement évacuée: «Mon fils a été éduqué pour jouer avec l’équipe de France, conclut-il. Mais si demain la France ne veut pas de lui et qu’il veut servir un autre pays, il n’a qu’à le faire.»