Lorenzo Fertitta: «On espère amener l'UFC en France d'ici un an»

FREE FIGHT Détenteur à environ 40% de la franchise UFC, l'homme d'affaires a bon espoir de voir le MMA autorisé en France...

A Toronto, Bertrand Volpilhac
— 
Lorenzo Fertitta, en 2006, à Los Angeles.
Lorenzo Fertitta, en 2006, à Los Angeles. — S.MIRCOVICH/REUTERS

C'est au milieu de 55.000 fans, au bord du ring et entre deux combats lors de l'UFC 129, que Lorenzo Fertitta, propriétaire à 40% de la franchise UFC, a accepté de nous recevoir. Spécialiste de la régulation dans le MMA (mixed martial arts), cet homme d'affaires milliardaire, passionné par son sport, est pour beaucoup dans le développement de ce dernier. Et il espère que d'ici un an, l'interdiction autour du MMA en France sera levée.

Le MMA est actuellement interdit en France. Quels sont vos arguments pour une légalisation?

Ce qui est autorisé dans les combats UFC, ce n'est qu'une combinaison de choses qui sont autorisées en France. La boxe, le kick-boxing, le judo, la lutte... Prise un par un, tous sont reconnus en France. Nous, on permet au combattant de pouvoir utiliser toutes ces techniques comme il le souhaite et en même temps. 

Comprenez-vous les critiques qui estiment que le MMA n'est qu'un combat de rue ultra-violent et non régulé?

C'est totalement faux. Il y a beaucoup de règles (interdiction notamment des coups de tête et des coups derrière la tête). Les combattants ont un mode de vie incroyablement sain et se respectent énormément. Ils sont tous très éduqués, très entraînés. Nous faisons des tests, des IRM sur les combattants avant et après les combats pour s'assurer qu'ils vont bien. Nous avons aussi plein de docteurs autour de l'octogone (le ring). Nos résultats parlent pour nous: en 20 ans, il n'y a jamais de mort, ni même de grosses blessures. Le pire, ça a été une jambe cassée. Est-ce vraiment plus que dans d'autres sports? 

Quand espérez-vous pouvoir organiser votre premier événement à Paris?

C'est difficile à dire. On essaie de faire changer les esprits. On espère amener l'UFC à Paris d'ici un an. 

Comment expliquez-vous un tel engouement chez les jeunes pour le MMA?

C'est un sport extrêmement excitant à regarder. La boxe est un sport qui n'a qu'une véritable dimension, donner et recevoir des coups de poings. Dans le MMA, les combattants peuvent être beaucoup plus créatifs, utiliser d'autres techniques pour rendre les combats plus intéressants. En un seul «move», un combattant dominé peut mettre K.-O. son adversaire et faire exploser un stade qui va se dire «Wahou, qu'est-ce qui vient juste de se passer?». C'est ça l'UFC. La vieille génération est pour la boxe. La jeune suit le MMA et n'en a rien à faire de la boxe, elle ne sait même pas ce que c'est. 

Le MMA prend une grande dimension en Amérique du Nord...

On est le sport qui séduit le plus au monde actuellement. Nous sommes à la télévision dans près de 500 millions de foyers, bientôt 1 milliard quand nous aurons conclu notre accord avec la Chine et l'Inde. On va être le plus grand sport du monde, tout simplement car on est le seul sport où peu importe d'où tu viens et ce que tu fais, tu comprends ce qui se passe. En France, on s'en fiche du football américain. En Amérique, on s'en fiche du cricket. Mais nous sommes tous humains, nous avons tous cet instinct du combat. Et tous les pays ont des racines dans les arts martiaux. En France, par exemple, vous avez une vraie histoire dans le kick-boxing et le judo.