Affaire des quotas: Laurent Blanc peut-il sauter?

FOOTBALL Le sélectionneur est dans l'œil de la commission d'enquête de la fédération. Une mise à l'écart n'est pas exclue...

R.S.
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Le sélectionneur de l'équipe de France, Laurent Blanc, en novembre 2010.
Le sélectionneur de l'équipe de France, Laurent Blanc, en novembre 2010. — F.STEVENS/SIPA

Dans une semaine, tout devrait donc être bouclé. La commission d’enquête de la fédération, ainsi que celle du Ministère des sports, auront rendu leurs rapports sur «l’affaire des quotas» qui secoue depuis jeudi soir, les plus hautes instances du foot français. Pour des propos retranscris par Mediapart sur la proportion de «Noirs et Arabes» dans les équipes de jeunes, le DTN François Blaquart a déjà été provisoirement suspendu. A l’allure où vont les choses, il n’est pas exclu de voir d’autres tête tomber parmi les techniciens présents lors de la fameuse réunion du 8 novembre 2010. Laurent Blanc est évidemment le premier concerné.

Défendu par la plupart des entraîneurs de L1, le sélectionneur n’a pas reçu le même soutien de la part de Fernand Duchaussoy, dimanche. Sur le plateau de Téléfoot le président de la fédé s’est montré intransigeant: «Les gens vont s’expliquer, se défendre. On prendra ensuite les décisions nécessaires… ou pas.» En clair, tous les cas de figure peuvent être envisagés concernant l’avenir de Blanc.

«A l’allure où vont les choses…»

Dans les faits, seul Duchaussoy est habilité à décider d’un éventuel départ. Pas la ministre des sports qui a pourtant précipité celui de Blaquart, DTN inconnu du public qui faisait office de fusible idéal. Une mise au placard de Blanc n’aurait sûrement pas le même écho. Avant de se positionner, Chantal Jouanno préfère donc attendre les résultats des enquêtes menées par la FFF et l’IGJS (inspection générale de la jeunesse et des sports). Laurent Blanc, lui, attend. Dans son clan, tout le monde est abasourdi par l’ampleur de l’affaire. «A l’allure où vont les choses, on ne sait pas si Lolo va démissionner demain», s’emballe un de ses proches. Il est très affecté, écœuré par tout ça. Il se demande quand est ce que ce cauchemar va se terminer».

Peut-être soucieux des dommages collatéraux du scandale, le sélectionneur a tenu à présenter ses excuses, samedi soir, sans pour autant retirer les mots prononcés. «Que certains termes employés au cours d'une réunion de travail, sur un sujet sensible et à bâtons rompus, puissent prêter à équivoque, sortis de leur contexte, je l'admets et si, pour ce qui me concerne, j'ai heurté certaines sensibilités, je m'en excuse. Mais être soupçonné de racisme ou de xénophobie, moi qui suis contre toute forme de discrimination, je ne le supporte pas».

Mettre la fédération devant ses responsabilités

En attendant, c’est Patrick Braouezec, président de la Fondation du football, qui est chargé d’enquêter sur le sujet. En quelques jours, celui qui a déjà fait la lumière sur l’épisode de Knysna devra «rendre un rapport qui mettra, et le ministère, et la fédération, devant leurs responsabilités». Quitte à faire trembler une deuxième fois le football français.

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