Henri Emile: «Pas de directive en rapport à la couleur de peau ou la race»

Propos recueillis par Romain Scotto

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Henri Emile, intendant de l'équipe de France de football, avec Zinedine Zidane, lors de la préparation des Bleus aux matchs contre la Biélorussie et la Bosnie-Herzégovine, le 1 septembre 2009.
Henri Emile, intendant de l'équipe de France de football, avec Zinedine Zidane, lors de la préparation des Bleus aux matchs contre la Biélorussie et la Bosnie-Herzégovine, le 1 septembre 2009. — ALBAN PIERRE/SIPA

Membre de la DTN jusqu’en 2010, Henri Emile connaît parfaitement les directives livrées aux centres de formation. Aujourd’hui coordinateur de l’équipe de France, il nie les accusations de racisme portées par l’enquête de Mediapart.

Avez-vous déjà entendu parler de quotas discriminatoires dans la politique de la DTN?

Non, c’est scandaleux d’avoir écrit ça. A la DTN, dont le but est de faire des bilans au niveau des sélections, de la projection sur le football de demain, l’encadrement des stages, des compétitions de jeunes et la formation des cadres, les éléments de réflexion ne sont jamais de ce style. Je trouve plus que choquant ce que j’ai entendu là-dessus. Par contre, qu’il y a ait des discussions sur les jeunes qui sont dans les pôles espoirs  qui passent par des centres de formation et vont dans des pays étrangers, c’est normal, cela pose des questions. La formation à la française n’est pas protégée. Mais cela n’a rien à voir avec le fait de prendre des positions telles que celles qu’on a entendues.

Un amalgame a t-il été fait entre politique sur les joueurs binationaux et racisme?

Bien sûr, ce sont des propos qui ne peuvent pas être dans la bouche de Laurent Blanc, qui, c’est vrai, assiste à certaines directions techniques. C’est une bonne chose d’ailleurs puisqu’il s’intéresse au football de demain. La DTN n’a jamais eu et n’aura jamais des comportements tels que ceux qui ont été exprimés.

Comment évolue la réflexion sur les joueurs potentiellement sélectionnables pour une équipe étrangère?

Je vais vous donner un exemple. El Arabi, je l’avais dans l’équipe des moins de 21 ans de futsal. Il était le capitaine et se retrouve aujourd’hui dans l’équipe nationale du Maroc. Que des choses comme ça nous alertent, oui. Ce sont des réflexions, mais on est impuissants. Il y a des discussions, on forme un tas de joueurs et ils nous échappent.

Quelles sont donc les directives données aux centres de formation alors?

Ce sont des directives techniques. Pas du tout par rapport à la couleur de peau, la race, ou quoi que ce soit. Ce sont des directives qui portent sur le travail qui doit être fait dans les centres de formation. Afin que le joueur de demain soit plus performant qu’aujourd’hui.