Accusations contre la FFF: Blanc et Jouanno se disent choqués

FOOTBALL Le sélectionneur des Bleus s'insurge contre les révélations de Mediapart...

A.M et R.S.

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Le sélectionneur de l'équipe de France, Laurent Blanc, lors d'un point presse à Clairefontaine, le 23 mars 2011.
Le sélectionneur de l'équipe de France, Laurent Blanc, lors d'un point presse à Clairefontaine, le 23 mars 2011. — P.Emile/Sipa

Mis en cause personnellement par les accusations de discriminations raciales par l’enquête du site Mediapart, Laurent Blanc a réagi, via le chef de presse des Bleus, Philippe Tournon, contacté par l’AFP. «Laurent Blanc récuse ces propos ineptes et contraires à sa philosophie. Il est outré qu'on puisse le mettre en cause de la sorte, toute discrimination étant insupportable à ses yeux, il répète que jamais il ne cautionnerait cela.»

Selon Tournon, le site d’information a effectué un raccourci «hallucinant» en résumant à «il y a trop de noirs, trop d'arabes» un problème totalement différent. «Le problème abordé par le sélectionneur est celui des joueurs qui possèdent une double nationalité, passent trois ans en préformation en France, puis partent ensuite à l'étranger sous d'autres maillots, ce qui ne peut pas ne pas poser problème, mais cela peut concerner aussi des Sud-Américains.» 

Duchaussoy étonné

Egalement cité par l’AFP, Fernand Duchaussoy, le président de la fédération n'a «jamais entendu parler de ça et ça (l)'étonnerait franchement. Ce serait complètement anormal que ça se passe comme ça et je ne l'accepterai pas, a poursuivi le président de la FFF. Il y a un constat, mais ce n'est pas une réflexion. C'est qu'on a pleins de joueurs à la double nationalité chez les jeunes et qu'ensuite certains ne veulent pas aller en équipe de France. C'est un choix, il faut l'assumer. Mais ces problèmes n'ont pas été évoqués au Conseil fédéral.»

La ministre des Sports, Chantal Jouanno, a elle exprimé son étonnement sur LCI. «C'est inimaginable, parce que c'est contraire à l'esprit de la FFF, à la Constitution, et à l'éthique du sport». Avant d'ajouter: «La FFF doit faire toute la transparence sur ce dossier.»

Contacté par 20 Minutes, les directeurs des centres de formation de Rennes, Lille, Bordeaux et Nantes ont expliqué ne pas avoir reçu de consigne de ce genre en provenance de la DTN. L’un d’entre eux accepte tout de même de témoigner anonymement. «C’est peut être dû au fait que des gamins qui ont la double nationalité, qui sont nés et formés en France, qui bénéficient de l’enseignement des centre de formation et qui à 18 ans décident de choisir un autre pays, je sais que ça, ça gonfle la DTN. Si c’est pour ça et juste ça, je ne trouve pas ça anormal. Par contre, ce qui me dérange, c’est le côté ségrégation  et différences culturelles, il faut aussi savoir respecter les cultures.»

«C’est tellement monstrueux…»

A Bordeaux, l'ancien club de Laurent Blanc, on tombe également des nues. «C'est tellement monstrueux..., soupire Alain Deveseleer, le directeur général girondin. Chez nous, le directeur du centre, c'est Patrick Battiston. Et s'il avait reçu ça, il m'en aurait parlé.  Son adjoint, c'est Marius trésor. Vous imaginez la situation? Ensuite, je connais bien Laurent Blanc et Jean-Louis Gasset, et le seul principe de leur participation à une réunion de ce genre m'étonnerait beaucoup. Enfin, François Blaquart, le DTN, est venu il y a un mois et demi à Bordeaux, et on n'a absolument jamais évoqué le sujet», conclut le dirigeant bordelais.

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