Comme à Barcelone, les supporters de Strasbourg veulent racheter leur club

FOOTBALL Inquiets pour l'avenir de leur club, ils veulent sauver le Racing...

A Strasbourg, Floréal Hernandez

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Yvan, Jonathan et Valentin à l’initiative du projet de rachat du Racing par ses supporters.
 
Yvan, Jonathan et Valentin à l’initiative du projet de rachat du Racing par ses supporters.   — G.VARELA/20MINUTES

Les supporters du Racing veulent devenir des socios. «L’avenir du foot passe par une ouverture du capital des clubs aux supporters comme à Barcelone qui est aujourd’hui le meilleur club du monde», explique Yvan Giessler, 22 ans et 18 années d’amour pour le RCS. Avec Jonathan Helbling, 26 ans et fidèle de la Meinau depuis 1994, ils ont lancé sur facebook une page pour «un projet de rachat du Racing club de Strasbourg par ses supporters». En une semaine, près de 5 000 personnes  ont aimé leur initiative. «Un petit clic pour un grand club», clament-ils sur leur tract.

«On est entrain de couler»

«L’idée est venue d’un ras-le-bol général de ce qui se passe au club. On est entrain de couler», fait remarquer Jonathan. Car si sur le terrain, le RCS est à la lutte avec Guingamp pour remonter en L2, dans la coulisse, la SASP s’oppose financièrement à l’Assocation et un dépôt de bilan est évoqué. 

«A la base, notre projet est fait pour attirer des investisseurs à racheter le Racing», avoue Yvan. Pour les séduire, Jonathan compte cibler leur «amour-propre. Beaucoup ont mis de l’argent et vu leur travail s’écrouler». Dominique Pignatelli est dans ce cas-là. L’actionnaire est séduit par l’initiative mais «je ne ferai qu’un don symbolique. Je n’investirai plus comme il y a quelques années [près de 1,5 million €].»

«Je suis persuadé qu'un club serait mieux géré par ses supporters»

Sur la faisabilité de leur projet, Yvan et Jonathan s’appuient sur le site sociospsg.org qui explique de A à Z le fonctionnement du club parisien s’il était repris par ses fans. «Je suis persuadé qu’un club serait mieux géré par ses supporters, affirme Jonathan. Les dirigeants, les actionnaires, les joueurs viennent et repartent, les supporters sont là à vie.»

La ville de Strasbourg voit le projet d’un œil bienveillant. «Ca participe à la mobilisation de tous pour sauver le Racing», note Alain Fontanel, adjoint au maire (PS) et médiateur entre la SASP et l’Association du club. S’ils se défendent d’être utopistes, Yvan et Jonathan ont peu de chance de réussir leur coup à moins que ce ne soit pour lancer un cri d’alarme avant la disparition du RCS.