Et si bordeaux avait vraiment changé ?

Rémi Bostsarron

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Dans deux jours, les Girondins iront à Rennes forts de certitudes inédites cette saison. Leurs deux dernières sorties les ont enfin lancés sur le bon chemin.

De la maîtrise dans les tournants. Les Girondins devaient impérativement confirmer contre Saint-Etienne (2-0) après leur nul à Lille (1-1), ils l'ont fait. « Ce genre de match, on en avait eu pas mal depuis le début de la saison, mais on n'avait pas réussi à les gagner. », souligne Florian Marange. De bonne augure, alors que se présentera à Rennes un nouveau tournant : pour une fois, ils devront éviter de relancer une équipe en difficulté, comme ils ont pu le faire face à Lens (2-2), Caen (1-2) ou Monaco (0-1). L'objectif sera au contraire d'enfoncer les Bretons pour s'approcher de leur cinquième place.

De l'audace et de la réussite. Face à des Rennais obligés de réagir après avoir pris deux points en six journées, les Bordelais n'auront pas à faire le jeu.Ça tombe bien : à Lille, et surtout face à Saint-Etienne, ils ont porté le danger par des contres rapides ou des frappes de loin, auxquelles se sont essayés Modeste, Ben Khalfallah, Diarra, et même Sané contre les Verts. « On s'est créé beaucoup d'occasions, et pour une fois on a beaucoup cadré », se félicite Jean Tigana. Et si la réussite a encore manqué aux attaquants, elle a fini de bouder les défenseurs, soulagés de voir un coup de boule du Stéphanois Rivière s'écraser sur la transversale, alors que selon leur entraîneur, « un but aurait pu remettre le doute dans la tête. »

Le patron est de retour. Face aux hommes de Frédéric Antonetti, habitués à proposer un défi physique monumental, les Bordelais auront besoin de l'abattage d'Alou Diarra. Le capitaine, piqué au vif par les critiques de Nicolas de Tavernost, qui lui souhaitait « la même motivation à Bordeaux qu'avec l'équipe de France », a soudainement retrouvé du souffle et des jambes. Et son association avec Lamine Sané au milieu face aux Verts a donné satisfaction à Jean Tigana, qui n'aurait pas pu parler de « victoire tactique » sans un Diarra redevenu rayonnant.
L'Europe, ça change tout. Idéalement placés dans la course à la sixième place, puisqu'ils l'occupent, les Girondins savourent. « Ça nous booste, reconnaît Florian Marange. On revient de tellement loin, ce n'est que du bonus pour nous. Personne ne nous attendait là. » Personne, même pas eux-mêmes, qui se préparent aujourd'hui, selon Jarolsav Plasil, à « jouer six finales. »