Vikash Dhorasoo: «Essayer de penser le football autrement »

FOOTBALL L'ancien joueur va présenter une liste à la prochaine élection à la FFF et veut amener à réfléchir autrement le foot avec son projet Tatane...

Propos recueillis par Alexandre Pedro

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Vikash Dhorasoo, le 12 juin 2009 à Paris.
Vikash Dhorasoo, le 12 juin 2009 à Paris. — S.Isabelle / SIPA

Quel est le point commun entre le Vert Daniel Cohn-Bendit,  l’animateur Laurent Ruquier, le cinéaste Xavier Beauvois ou encore le champion du monde Emmanuel Petit? Tous ces amoureux de ballon rond (plus une quinzaine d’autres signataires pour l'instant) ont rejoint  l’appel de Vikash Dhorasoo à «remettre le jeu et le plaisir au centre du débat dans le foot».  Entre le manifeste et le think thank appelé à plancher sur une autre façon de réfléchir au sport le plus populaire en France, «Tatane» est né ce jeudi 21 avril. En guise de première action, Dhorasoo et ses amis vont présenter une liste à la prochaine élection à la Fédération française de football le 18 juin prochain. Son initiateur explique sa démarche à 20Minutes.

>> Le site de Tatane est ici

Comment est né le projet Tatane?
Ma réflexion est née avec l’épisode de Knysna et de l’analyse qu’on a tirée de l’épisode de la grève. Depuis un moment que je réfléchissais sur ce qui n’allait pas dans le foot. Avec Knysna, les joueurs sont passés pour de boucs émissaires alors que c’est tout un système qui ne marche pas.  Avec des amis qui aiment le foot comme moi, on s’est dit qu’il fallait revenir à l’essence du foot, c'est-à-dire le jeu et de plaisir.

Votre première action sera de présenter une liste à la prochaine élection du président de la Fédération française de football (FFF) le 18 juin?
C’est le timing qui a voulu ça. On va essayer de présenter une liste même si on sait que le mode du scrutin fait que celui qui n’est pas de la maison aura zéro vote. On voit bien d’ailleurs que la FFF est une fausse démocratie avec un mode de scrutin nébuleux. D’ailleurs, Je ne suis pas sûr que les gens de la fédé aient très envie de voir des têtes nouvelles.

Quel est votre objectif à plus long terme?
On a envie de créer un centre d’observation appelé à analyser les enjeux liés au football, sortir un programme et mener des actions concrètes. L’idée c’est d’amener les gens qui aiment le foot à réfléchir à ce qui va mal dans et essayer de penser le football autrement. On sait très bien qu’on ne va pas changer les mentalités du jour au lendemain. Dans le fond, je suis persuadé qu’on a raison. Le système du foot est à bout de souffle et va dans le mur. Il y a moins de licenciés, des clubs endettés, sans parler du spectacle en Ligue 1 où presque tous les clubs jouent en 4-5-1 pour d’abord ne pas perdre.

Vous espérez que joueurs et des entraîneurs en activité viennent vous rejoindre?
J’espère avoir des gens qui viennent d’abord réfléchir avec nous. Si on a des joueurs et des entraîneurs en activité c’est encore mieux. Mais je sais comment marche le foot pro, je suis passé par là. On fait revenir dans les clous très vite ceux qui prennent des initiatives. Dès que tu parles, tu te marginalises.

Vous n’avez pas peur de tenir un discours décalé par rapport à la réalité du football actuelle?
J’ai été très longtemps un joueur professionnel et je sais que notre initiative est décalée par rapport à ce milieu, mais ce n’est pas une raison de ne rien faire pour autant.