Jérôme Lollo: «J’espère que le rugby ne prendra pas le chemin du foot»

Propos recueillis par A.P.

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A peine ouvert ce mercredi, le marché des transferts bat déjà son plein comme le montre l’arrivée de cinq nouveaux joueurs au Stade Toulousain (dont le centre des All Blacks Luke McAlister et le demi de mêlée de l’Australie, Luke Burgess). Et ce n’est qu’un début. Une déferlante de stars venues de l’hémisphère Sud est attendue sur un Top 14 qui ressemble de plus en plus à la Premier League du rugby. Agent de plusieurs joueurs français comme Thierry Dusautoir ou Damien Traille, Jérôme Lollo dresse l’état du marché pour 20minutes.fr.

Que vous inspire  cette «invasion» des joueurs de l’hémisphère sud en vue de la saison prochaine?
Comme je travaille surtout avec des Français, je ne vois pas trop toutes ces arrivées d’un bon œil, mais je dois faire avec. Après je ne sais pas si c’est une bonne affaire que de prendre un mondialiste néo-zélandais ou australien sachant que les clubs ne pourront pas en disposer avant le 1er novembre.

Sont-ils moins chers que des internationaux français?
Pas forcément. Les Australiens sont très chers déjà. Après tout dépend du joueur forcément. Un Sud-Africain que personne ne connaît ne va demander beaucoup. Les stars prennent toujours de l’argent. Peu importe la nationalité.

Est-ce que le salaire proposé est l’élément primordial dans le choix d’un club pour vos joueurs?
Non. Pour aller au Stade Toulousain, les joueurs sont prêts à prendre moins puisqu’ils ont la garantie d’évoluer dans un grand club.  C’est le cas Timoci Matanavou (NDLR : ailiers fidjien de Mont-de-Marsan), nous avions des clubs intéressés où il pouvait gagner plus, mais on a préféré Toulouse. Je connais quasiment aucun rugbyman qui privilégie seulement le salaire.  On est très loin du foot et d’ailleurs j’espère que le rugby ne  prendra jamais ce chemin.

Que change l’arrivée progressive du JIFF pour les clubs (quotas de joueurs minimum de joueurs formés en France)?
On verra surtout l’effet JIFF la saison prochaine. Pour l’instant, il faut respecter un quota de 40% de joueurs formés en France, on passera à 50% en 2012 et 60% en 2013. Quand  je vois certains clubs ne recruter que des étrangers, je me demande comment ils vont faire dans deux ans. Ils risquent de devoir prendre des «JIFF» au dernier moment pour ne même pas les aligner et faire le nombre.