Championnats d'Europe de judo: Il n'y a pas que Teddy Riner dans la vie

JUDO A l'ombre du poids lourd français, quatre espoirs jouent gros à Istanbul à partir de jeudi...

Romain Scotto

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Les judokas français Automne Pavia (en haut à g.), David Larose (en bas à g.), Ugo Legrand (en haut à dr.) et Audrey Tcheumeo (en bas à dr.), avant les championnats d'Europe d'Istanbul.
Les judokas français Automne Pavia (en haut à g.), David Larose (en bas à g.), Ugo Legrand (en haut à dr.) et Audrey Tcheumeo (en bas à dr.), avant les championnats d'Europe d'Istanbul. — A.Gelebart/20minutes, AFP

Dans l’ombre du géant, le judo français couve quelques jeunes champions. David Larose, Hugo Legrand, Automne Pavia ou Audrey Tcheumeo en font partie et seront alignés à partir de jeudi aux championnats d’Europe à Istanbul...

Automne Pavia (-57kg), l’ambitieuse

Le public français l’a découverte en février lors du tournoi de Bercy. La championne de France s’est offerte, à 22 ans, une première victoire en tournoi international. «Maintenant, j’ai envie d’enfoncer le clou. Jusque-là, inconsciemment, je manquais de confiance. Je vais vite savoir si cette victoire peut me servir de déclic.» En cinq combats, Pavia a séduit les sélectionneurs par son judo très offensif, poussant Morgane Ribout, championne du monde en titre, sur la touche. «Je ne calcule pas beaucoup, j’aime quand ça attaque fort et que public répond», clame la grande blonde qui regrette le manque d’exposition du judo féminin. De ce côté-là, seule une victoire à Istanbul pourrait l’aider.

David Larose (-66kg), le faux lent

Il fait partie d’une catégorie où le nom du prochain sélectionné aux JO est loin d’être couché. Depuis le passage de Benjamin Darbelet en -73kg, «on est quatre, cinq à être sur la même ligne». A 25 ans, le judoka de Sainte-Geneviève-des-Bois possède tout de même une petite longueur d’avance. Une première depuis ses années chez les juniors et son titre de champion du monde en 2004. «Depuis, j’ai surtout été ralenti par les blessures», justifie Larose, opéré deux fois de l’épaule et deux fois du genou. Sur le tapis, il assume un côté nonchalant: «Je fais un maximum d’efforts pour changer ça. En fait, je suis plutôt un faux calme. J’emmagasine vachement et parfois, là-haut (il montre sa tête), ça déconnecte et ça pète.» Le ippon n’est alors jamais très loin.

Audrey Tcheumeo (-78kg), la guerrière

Il y a encore six ans, elle ne savait pas faire son nœud de ceinture. Audrey Tcheumeo jouait alors au foot chez elle à Bondy, avant qu’un copain la traîne dans un dojo. Passée ceinture noire en un temps record, elle vise aujourd’hui un premier titre européen en évitant les erreurs commises lors des derniers Mondiaux. «Cette fois, j’y vais avec zéro pression. Il faut que j’aborde la compétition comme au tournoi de Paris (remporté en février). Zen, tranquille, comme je le suis aujourd’hui», glisse cette fan absolue… d’Andy Murray, qui ne se fait jamais prier pour se transformer en guerrière quand elle enfile son kimono.

Ugo Legrand (-73kg), le technicien

Le champion du monde junior 2008 a un compte à régler depuis le dernier Tournoi de Paris. Battu en demi-finale par un Hongrois contrôlé positif quelques jours plus tard, Legrand aurait pu frapper un grand coup dans une catégorie où ses résultats sont comparés en permanence à ceux de Benjamin Darbelet. Son ami, mais aussi son principal rival chez les Bleus. «Ce n’est pas qu’une guerre entre nous, sauf quand on monte sur le tapis...» Fils de prof de judo, Legrand n’est pas le plus costaud de la catégorie, mais l’un des plus fins techniquement. Un atout majeur pour défendre sa médaille de bronze de l’année passée.