Fed Cup: Nicolas Escudé sait-il parler aux femmes?

TENNIS Le capitaine de l'équipe de France engagée ce week-end en barrage face à l'Espagne, avait blessé Alizé Cornet par ses mots durs après la défaite en Russie...

R.S.

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La joueuse de tennis de l'équipe de France de Fed Cup, Alizé Cornet (à gauche), avec le capitaine Nicolas Escudé, le 2 février 2011 à Moscou.
La joueuse de tennis de l'équipe de France de Fed Cup, Alizé Cornet (à gauche), avec le capitaine Nicolas Escudé, le 2 février 2011 à Moscou. — M.Japaridze/Sipa

Alizé Cornet regardera depuis les tribunes la rencontre de Fed Cup de ce week-end face à l’Espagne. Irrégulière depuis le début de l’année, la Française n’a pas convaincu Nicolas Escudé de lui confier les clés du camion bleu pour ce barrage décisif. Cela avait pourtant été le cas au tour précédent face à la Russie lors d’un week-end où le capitaine français n’avait pas épargné sa joueuse, battue par Pavlyuchenkova: «Pas au niveau», «son mental n’a pas suivi», «prise par ses émotions». Voilà pour les appréciations.

La joueuse n’avait pas vraiment apprécié. Pour la Niçoise, le capitaine est d’abord là pour protéger ses joueuses et non pas les enfoncer. Selon elle, Escudé n’aurait  pas encore intégré tous les codes de la psychologie féminine: «Le tennis féminin est un sport complètement différent, avait-elle lâché dans la foulée. J'ai la larme très facile. On ne parle pas de la même manière à un garçon et à une fille. Mais je n'ai rien à lui apprendre car il est capitaine depuis trois ans».

«Mettre les formes»

Pour Loïc Courteau, ancien coach d’Amélie Mauresmo et Paul-Henri Mathieu, aujourd’hui au côté de Julien Benneteau, «quand un entraîneur  du tennis masculin arrive chez les filles, le temps d’adaptation est toujours un peu long. Les filles sont plus émotives.» Dans les discussions, les mots pèsent parfois plus lourd. «Quand il y a des défaites, il ne faut pas que la joueuse culpabilise.» «On ne leur parle pas comme à des rugbymen, enchaîne Nathalie Tauziat, ancienne habituée de la Fed Cup. La fille n’aime pas qu’on ne lui parle que du négatif. Il faut mettre les formes.» A la place de Cornet, l’ancienne 3e joueuse mondiale se serait aussi vexée. Selon elle, le rôle d’un capitaine n’est pas d’exposer publiquement les failles de ses filles, ce qui ne l’empêche pas de penser qu’Escudé est un bon capitaine de Fed Cup.

«Je pense aussi qu’il est très compétent, reprend Courteau. J’ai déjà discuté avec lui, il connait bien le tennis.  Il sait aussi trouver les mots.» Selon lui, la stratégie de communication du capitaine des Bleues est bien réfléchie. «Dans le contenu, il a raison. Quand il parle comme ça, il cherche à faire passer un message qui ne concerne pas seulement sa joueuse. Là, Nicolas Escudé représente le patron de l’équipe de France. L’intérêt suprême.» A ce titre, il se doit donc de hausser le ton quand il sent  son équipe en danger. En cas relégation dimanche en Espagne, cela pourrait donc encore chauffer.