Tigana attend le passage à l'acte

Rémi Bostsarron

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Jean Tigana appelle ses joueurs à réagir.
Jean Tigana appelle ses joueurs à réagir. — G.Fuentes/Reuters

«On est Bordeaux, quand même ! On n'est pas n'importe qui. » Le cri du cœur de Fahid Ben Khalfallah, avant un déplacement très délicat chez le leader lillois, demain (21 h), aurait de quoi redonner du baume au cœur aux supporters. Mais le discours offensif du milieu bordelais, qui assure se rendre dans le Nord « avec beaucoup d'ambition », ne résiste pas à la charge de son entraîneur, lassé de la méthode Coué adoptée par ses joueurs. « Je pense qu'on n'est beaucoup plus efficaces dans certaines déclarations que sur le terrain, lâche Jean Tigana. Les paroles, c'est bien, mais c'est les actes qui comptent. »

Ne pas « détruire » le club
Les événements des derniers jours pèsent manifestement lourd dans l'esprit du technicien girondin. « Très malheureux » à cause des moqueries reçues à Chaban-Delmas, samedi dernier, lors du pathétique match nul face à Arles-Avignon (0-0), il a aussi été « touché » par le coup de semonce médiatique de Nicolas de Tavernost, cette semaine. « Il ne faut surtout pas scier la branche sur laquelle on est assis, explique-t-il. Je leur dis de faire attention. On a un investisseur exceptionnel, un outil de travail exceptionnel et un président fantastique. Il ne faudrait pas que l'on détruise tout ça. »
Et s'il reconnaît sa « part de responsabilité », Jean Tigana appelle ses joueurs à se « regarder dans la glace. » : « A un moment donné, quand il est question de courir, de faire des efforts, d'être généreux, d'être en mouvement pour donner une solution, ce n'est pas la faute de l'actionnaire, du président ou de l'entraîneur. »

la défense très amoindrie

« Si je compte bien, il doit me rester seize joueurs. » Pour le déplacement à Lille, Jean Tigana sera privé de Cianiet Lamine Sané, suspendus, ainsi que de Ducasse, blessé. La présence de Marange et Trémoulinas, convalescents, est incertaine. Henrique, lui, devrait faire son retour.