les girondins coulentmais ne se débattent plus

rémi Bostsarron

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Le Titanic avait son orchestre, les Bordelais ont leur public. Pendant dix minutes, en fin de match face à Arles-Avignon (0-0), samedi, une bonne partie du Stade Chaban-Delmas a repris le chant inédit lancé par les Ultras, aux paroles simples et claires : « On se fait chier. » « Te faire chambrer par une minorité, ça arrive, mais quand il y a un ensemble, c'est qu'il y a une raison, estime Cédric Carrasso. Il faut se poser les bonnes questions. »

Le président parle de « néant »
Jean-Louis Triaud, lui, n'a plus envie d'attendre ces questions, ni d'éventuelles réponses, pour juger ses joueurs. « Ils ne sont pas dignes de leur rang, de cette équipe et du club, lâche le président bordelais. Il y a un vrai problème psychologique. Ils n'arrivent pas à faire un contrôle, ils ratent des passes, ils marchent sur le ballon… C'est presque une comédie. Dans le jeu, on a été proche du néant. »
« Il n'a pas tort, reconnaît le capitaine Alou Diarra. Il ne faut pas se voiler la face, on n'a pas du tout le niveau espéré. Il faut reconnaître nos limites et montrer beaucoup plus d'abnégation, de tranchant. » Reste à savoir quel ressort Jean Tigana peut encore activer dans cette équipe. « Surpris de voir que certains joueurs pas mal techniquement ont complètement sombré », l'entraîneur bordelais pense aussi qu'ils ont « un problème dans leur tête ». Le vrai problème étant peut-être, comme le souligne Carrasso, que les Girondins sont gagnés par « une forme d'impuissance générale ».

meriem intrigué

« Ils sont fébriles, c'est dur à expliquer, glisse au sujet des Girondins l'ancien Bordelais Camel Meriem, aujourd'hui joueur de l'ACA. On ne les sent pas très sereins quand ils ont le ballon. Et quand le public manifeste, c'est l'engrenage. »