un guerrier dans la raquette

bertrand volpilhac

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Vasco Evtimov a été international pour la France et la Bulgarie.
Vasco Evtimov a été international pour la France et la Bulgarie. — S. ORTOLA / 20 MINUTES

L'agacement n'est pas son meilleur allié. Echaudé par une petite blessure à la cuisse – et aussi par notre visite impromptue –, Vasco Evtimov, visage fermé et fort accent balkanique, donne plus l'image d'un tueur à gages de l'ex-URSS que celle du nouveau pivot du Paris Levallois. Et pourtant, ce colosse franco-bulgare de 2,07 m pour 120 kg a bien été tiré à 34 ans du chômage technique pour sauver un club aux portes de la Pro B. Mission pas encore réussie. A six matchs du terme de la saison, le PL vient de se ramasser lamentablement à Limoges (89-66) et navigue une victoire au-dessus de la ligne de flottaison.
« J'ai l'impression que certains joueurs ici n'ont pas connu la relégation, se lamente l'ancien international français (32 sélections entre 1999 et 2001) puis bulgare, finalement beaucoup plus avenant que son physique ne le laisse paraître. J'ai vécu ça, il y a trois ans en Espagne, c'était le pire moment de ma carrière. Après, les gens te voient comme un perdant, et c'est difficile de retrouver un job. »
Voilà le style Evtimov. Pas vraiment du genre à flatter les ego, l'ancien Palois n'a pas été recruté uniquement pour sa « science du jeu au-dessus de la moyenne ou ses bonnes mains, mais parce que c'est un vrai combattant qui peut apporter de la confiance », insiste son coach, Christophe Denis. Message reçu : Evtimov a décidé de prendre les choses en main. « Je vais commencer à parler aux joueurs un par un. On doit se battre, avoir le couteau entre les dents jusqu'à la fin de saison, lance-t-il dans un appel à l'opération commando. Si on descend, des gens vont perdre leur boulot, il n'y aura plus d'équipe espoirs… Il faut avoir ça en tête : on défend le club, pas notre carte de visite perso. »
Un esprit corporate bienvenu qui ne prendra sens que sur le parquet, où l'intérieur peine encore à trouver le bon rendement défensif. « Il n'y a aucun joueur en Europe qui peut prendre autant de rebonds que moi en si peu de temps [7 en 17 minutes de moyenne], se défend-il. Les chiffres parlent d'eux-mêmes… » En tout cas, pour retrouver la confiance, ses coéquipiers savent vers qui se tourner.

le président flamme reste ferme

Francis Flamme, le président du Paris Levallois, est venu taper du poing après l'entraînement hier, à la suite de la défaite contre Limoges. Il a fixé les objectifs de la fin de saison : trois victoires lors des six derniers matchs pour assurer le maintien.