Marathon de Paris: Les dix commandements du coureur du dimanche

ATHLETISME Ce qu'il faut respecter pour réussir sa course à J-2...

Romain Scotto
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Les coureurs du 34e Marathon de Paris s'élancent sur les Champs Elysees, le 11 avril 2010.
Les coureurs du 34e Marathon de Paris s'élancent sur les Champs Elysees, le 11 avril 2010. — REUTERS/Benoit Tessier

Le dossard est prêt à être agrafé, vos chaussures sont déjà devant la porte d’entrée. A deux jours du marathon, tout est déjà joué, si vous êtes bien entraîné. Mais il reste quelques règles à respecter. Pour ne pas planter toute une préparation, Dominique Chauvelier, quadruple champion de France et 96 marathons au compteur (record en 2h11’24) vous glisse ses conseils de pro. Coureurs du dimanche, il ne peut plus rien vous arriver.

1. Ton sommeil tu soigneras. Ce qui compte, c’est de roupiller l’avant-veille de la course. La nuit du vendredi soir. «La veille, le corps a assez de forces et réserves pour tenir, même si on dort 4h, explique le prof. Les nuits précédentes sont plus importantes. On ne va pas faire une bringue pour annuler tout ce qu’on a fait avant à l’entraînement.» Vendredi soir, le programme est établi: une assiette de pates, un câlin, et au lit.

2. Un dernier entraînement tu t’autoriseras. La course du «pt’tit dej’», mise en place la veille (5km) est faite pour ça. «Je vous conseille de la faire, surtout si vous n'êtes pas Parisien. Une petite demi-heure de course, c’est de "la bonne fatigue" qui permet de drainer le système digestif et ça fait du bien à la tête.» Toujours mieux que de rester chez soi à lorgner les chocolats.

3. Des féculents tu mangeras. Tout se joue là aussi dans les dernières 48h. En théorie, votre organisme est en manque de glucides. Vous avez banni les sucres de votre alimentation pour perdre un peu de poids. Il faut maintenant recharger les batteries. «On mange des pâtes ou du riz dans les 48h précédant la course, en évitant le ketchup, et c’est très bien.»

4. Tes tétons tu protégeras. Abandonner au 25e km pour un téton en sang, c’est quand même idiot. Pour éviter les frottements du t-shirt, ou pire, que les épingles à nourrice du dossard se transforment en râpe à fromage, mieux vaut prendre ses précautions. «Pour éviter ça, un petit sparadrap, c’est l’idéal.»

5. L’amour tu feras. Eternel dilemme du sportif avant l’épreuve: Faut-il décharger le fusil au risque de se présenter au départ les batteries à plat? Bien sûr que non. «Ça c’est ce qu’on disait du temps de Jacques Anquetil. Faire l’amour ferait perdre des forces…» Tout est une question de timing. L’essentiel est de ne pas trop rogner sur son temps de sommeil. Sinon, c’est tout bénef. «Le mec qui fait le petit câlin à madame le samedi soir, il va bien dormir.» Et vice versa, mesdames.

6. Un verre d’alcool tu t'autoriseras. Un petit coup de rouge n’a jamais tué un marathonien en pleine préparation, même à J-2. «Ça ne fait pas de mal. Si tu sors du boulot et que tu bois un verre, ça va. Ce qu’il faut éviter, ce sont les excès.» Amis des afterworks du vendredi soir, pour une fois, mollo sur l’open bar.

7. Quelques kilos tu reprendras. Si la balance affiche quelques kilos en plus, pas de panique. Vous forcez un peu sur les pâtes et la bouteille (d’eau, s’entend), il est normal de changer de catégorie. «Se sentir ballonné et prendre un ou deux kilos dans la semaine, c’est normal. Ce sont des réserves d’eau en fin de compte. Elles serviront à partir du 38e kilomètre.»

8. Tes ongles de pieds tu couperas. L’idéal, c’est la pédicure une semaine avant, histoire de poncer les durillons, la corne, et se faire astiquer les orteils. Sinon, un coup de coupe-ongles suffira. «De toute façon, les chaussures ont beaucoup évolué aujourd’hui, on peut courir tranquillement sans se faire trop mal. Inutile de stresser pour ça.» 

9. De la vaseline tu mettras. Ou des crèmes anti-frottements à appliquer sur les parties sensibles. Les pieds, mais surtout l’entrecuisse. «Pour ceux qui ont des grosses cuisses de rugbyman ou de footballeur, je conseille carrément le cuissard plutôt qu’un short. Sinon, on passe la ligne d’arrivée en sang.»

10. Tes vêtements tu laveras. Vous avez acheté le dernier maillot tendance et vous comptez le baptiser sur le marathon. Hérésie totale. «Il faut au moins le porter et le laver une fois avant la course. Parfois, il y a des produits pas très sains dessus. C’est mieux aussi pour s’habituer aux frottements.»