Le XV de France reste une énigme

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A six mois du Mondial, le XV de France reste une énigme, capable en une semaine de perdre en Italie comme de battre largement le pays de Galles (28-9) pour finir deuxième du Tournoi des six nations, et se présentera sous son éternel profil d'équipe imprévisible en Nouvelle-Zélande.

Une multitude de sentiments a semblé envahir Marc Lièvremont face à la presse dimanche matin, au lendemain de ce qui pourrait être son dernier match du Tournoi des six nations, "une compétition magnifique", à la tête du XV de France.

"Ca a été une semaine où on apprend beaucoup sur soi et sur les hommes, une de ces semaines qui me font aimer passionnément ce sport", a-t-il déclaré, englobant dans la semaine "la journée de samedi dernier à Rome."

Après avoir essuyé un tir médiatique nourri sur les ruines de la défaite historique (22-21) en Italie, Lièvremont a réaffirmé dimanche qu'il irait "au bout de (ses) convictions" lors du Mondial en Nouvelle-Zélande, que les Français débuteront contre le Japon le 10 septembre à North Shore, dans la banlieue d'Auckland.

"Je me suis promis pas mal de choses il y a trois ans en acceptant cette mission. D'une part, d'aller au bout de mes convictions et de cette mission, et donc de respecter les hommes autour de moi et de me respecter moi-même, et surtout de ne pas tomber dans quelque forme d'aigreur et de ressentiment. Donc je me sens particulièrement apaisé, serein et extrêmement déterminé", a poursuivi l'entraîneur français.

Sur le plan comptable, la deuxième place dans le Tournoi laisse évidemment des regrets. Avec le faux-pas de l'Angleterre en Irlande (8-24) samedi, les Français auraient pu conserver leur titre s'ils avaient daigné l'emporter --largement-- en Italie.

"En huit jours, on est passé d'un extrême à un autre. Avec le recul, il y a de la déception. Il y avait l'ambition de mieux figurer avec un calendrier compliqué", a-t-il reconnu, relevant par ailleurs que cette cyclothymie "résume peut-être aussi ces trois ans en tant que sélectionneur".

Car depuis 2008, avec un bilan de 21 victoires pour 16 défaites, le XV de France de Lièvremont a remporté un Grand Chelem en quatre Tournois. Et son équipe, capable de s'imposer en Nouvelle-Zélande (27-22) ou face aux Springboks (20-13) en 2009, a également montré à de nombreuses reprises une effrayante capacité à se déliter, à Twickenham en 2009 (10-34) puis en 2010 contre ces mêmes Springboks (17-42) ou encore l'Argentine (13-41) et l'Australie (16-59), avant la "défaite de trop" de Flaminio (21-22).

Sur le fond, la position de Lièvremont n'a pas varié. Les Français n'ont inscrit que dix essais lors de ce cru 2010 et l'animation offensive laisse toujours à désirer. La victoire contre les Gallois a d'ailleurs emprunté les méthodes du Grand Chelem de 2010: conquête, défense et réalisme, avec trois essais à zéro passe mais suffisant pour la victoire.

Mais Lièvremont a réaffirmé sa conviction que les deux mois de préparation estivaux, ponctués de stages commando et de deux matches amicaux contre l'Irlande le 13 août à Bordeaux et le 20 août à Dublin, permettront d'inverser la tendance. Et promet de trouver un "compromis entre les habitudes des joueurs dans leur quotidien (en club, NDLR) et nos ambitions, en tout cas la réalité du rugby qu'il faudra produire en Coupe du Monde pour être performant". Avant de conclure: "Si je dois me planter, je veux me planter en allant au bout de mes idées."