Cyclisme: Offredo, vrai coureur de classiques

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Le cyclisme français s'est trouvé un vrai coureur de classiques en la personne de Yoann Offredo, dont le tempérament offensif a fait merveille samedi dans Milan-Sanremo.

A 24 ans, le protégé de Marc Madiot s'est montré l'un des acteurs de la "Primavera", un an après s'être révélé sur les mêmes routes. Septième au final, il a terminé la première grande classique de la saison "sans regrets", seulement une "petite frustration" au coeur.

"Il a fait ce qu'il devait faire. Quand on attaque aux 2 kilomètres (de l'arrivée, ndlr), ça ne dépend pas seulement de soi, ça dépend surtout de la réaction des autres", rappelle Marc Madiot.

"Un jour, ça passera. Dans une course très importante ou moins", ajoute le directeur sportif de la FDJ, expert es classiques.

Le coureur francilien, qui a pu s'appuyer sur un épatant Steve Chainel dans les 25 derniers kilomètres de la "classicissima", a affiché les qualités de caractère, de tempérament, mais aussi techniques, qui augurent d'une belle carrière.

"C'est un mec qui frotte, qui aime ça, et surtout qui peut le faire sans gaspiller d'énergie. Dans des classiques comme Milan-Sanremo ou les flandriennes, c'est primordial", se félicite Marc Madiot.

Atout supplémentaire, Offredo excelle sur les longues distances, l'une des caractéristiques des grandes courses d'un jour. "Par son tempérament et son physique, c'est un vrai coureur de classiques", résume son directeur sportif qui lui accorde une marge de progression.

"Sur le plan physique, il peut encore s'améliorer si l'on voit son approche cahin-caha de Milan-Sanremo, entre sa chute au Qatar et son coup de moins bien dans Paris-Nice (abandon après une chute et une gastro-entérite). En même temps, je me demande s'il n'est pas encore plus fort quand il se retrouve dos au mur", remarque l'ancien double vainqueur de Paris-Roubaix.

Hyper-sensible, facilement enclin à l'émotivité, Offredo a cette faculté de se surpasser pendant la course. "Emotif, il l'est avant et après, pas pendant", confirme Marc Madiot qui apprécie: "Il est vraiment concentré sur son action et il sait se montrer à la hauteur de l'évènement."

Transcendé par la période des classiques, le Francilien veut maintenant réussir sa campagne du Nord. Après la reprise mercredi à Waregem -"en douceur", selon son directeur sportif-, il se fixera sur l'une des courses du week-end, le GP E3 (samedi) ou Gand-Wevelgem (dimanche). Les Trois Jours de La Panne, la semaine suivante, lui serviront de tremplin pour le Tour des Flandres, prochain grand rendez-vous (3 avril).

"L'idée, c'est d'arriver avec le maximum de fraîcheur pour le Tour des Flandres et Paris-Roubaix", souligne Marc Madiot sans fixer la hauteur de la barre à franchir: "Il lui faut évidemment gagner en expérience, un élément fondamental dans ces courses-là. Ce que j'espère pour lui, simplement, c'est qu'il soit acteur, à un moment ou à un autre."