Basket: Ajinça, Mahinmi, Petro, Séraphin à la peine

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Hormis Joakim Noah et Ronny Turiaf, les pivots français peinent à s'imposer en NBA où leurs apparitions anecdotiques confortent l'idée qu'ils sont partis trop vite vivre leur rêve américain.

Cinq minutes par-ci, un rebond par-là et une poignée de points si tout va bien: le quotidien est frustrant pour Johan Petro, Alexis Ajinça, Ian Mahinmi et Kevin Séraphin, quatre basketteurs français qui ont beaucoup fait fantasmer mais ne sont pas loin d'être au chômage technique aux Etats-Unis.

Pour Petro, à 25 ans le plus expérimenté des quatre, ça fait déjà six saisons que ça dure. Après Seattle, Oklahoma et Denver, il se morfond actuellement sur le banc des New Jersey Nets: 62 matches pour 3 points et 2,4 rebonds en dix minutes de moyenne. "C'est frustrant", admet-il.

Ceux qui l'ont suivi semblent malheureusement emprunter le même chemin. Mahinmi, 24 ans, en est à sa quatrième saison en NBA. Transféré à Dallas l'été dernier, il a joué 45 matches avec le club texan pour quelques belles sorties mais un rendement au final modeste: 3,1 points et 1,9 rebonds en 8,2 minutes.

Ajinça, 23 ans en mai, gravite dans les mêmes sphères: 24 matches avec Dallas et Toronto pour 3,2 points et 1,5 rebonds en 7,7 minutes. En trois saisons NBA, l'ancien vice-champion du monde de BMX a déjà connu trois clubs mais pas beaucoup d'occasions de se faire remarquer.

Dernier arrivé, Séraphin, est encore jeune (22 ans) et peut plaider la période d'adaptation à Washington (43 matches, 2,6 points et 2,5 rebonds en 10 minutes). Allégé de dix kilos et converti aux sushi, il veut "jouer sa chance à fond". Mais l'exemple de ses prédécesseurs n'incite guère à l'optimisme.

"On est tous très pessimistes car on ne sait pas trop comment il peuvent s'en sortir, les miracles ça n'existe qu'à Lourdes", s'alarme même le Directeur technique national Jean-Pierre De Vincenzi.

"Il y a tellement de choses qui leur manquent en termes de densité, de volume. Quand tu ne fais pas le poids dans ton secteur, il faut travailler mais ce n'est pas en jouant cinq minutes que tu progresses", lâche JPDV qui ajoute: "comment pourraient-ils s'exprimer dans un nouveau système alors qu'ils s'exprimaient déjà peu dans le nôtre? On marche sur la tête."

Après avoir fait fantasmer les recruteurs américains par leur qualités athlétiques alliant taille et mobilité, les quatre Français, souvent encouragés par leur agents, ont quitté le Championnat de France sans s'y être imposés.

A ce constat, ils opposent un argument imparable: quitte à ne pas jouer, autant que ce soit en NBA avec un bon salaire, la perspective de voyager en jet privé, de dormir dans des palaces et de vivre leur rêve.

"Je ne jouais pas quand j'étais en France. Si j'étais resté, je n'aurais peut-être jamais été drafté", explique Petro. Or "être en NBA, c'est déjà une sélection en soi. Ca veut quand même dire quelque chose, qu'on joue ou pas." Surtout quand on a réussi, comme c'est son cas, à décrocher un contrat de dix millions de dollars sur trois ans.

JPDV comprend ce discours. "Ils partent aussi parce qu'ils ne sont pas sûrs d'avoir du temps de jeu en France." Mais regrette que du coup "on se retrouve avec des joueurs pas finis qui partent là-bas sur leur potentiel. Mais tu ne peux pas partir en NBA juste sur un potentiel, souligne le DTN. Il faut aussi être bon, sinon t'es mort, t'es caramélisé."