Ski: Cuche, espiègle roi du super-G

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L'image du bourru a longtemps collé au Suisse Didier Cuche, vainqueur jeudi à Lenzerheide du petit globe de cristal du super-G après celui de la descente mercredi, devenu au fil de l'âge un personnage charismatique de la Coupe du monde de ski alpin.

Clin d'oeil à son humour retrouvé, c'est d'ailleurs au lit que le Romand a reçu la bonne nouvelle à 7h45, le super-G des Finales ayant été annulé à cause du mauvais temps (neige, pluie et brouillard).

Au début donc, les rapports furent difficiles entre la presse et le Neuchâtelois râblé, dont la force du jarret était plus évidente que l'humour espiègle qu'il distille désormais.

"En fait, il y a eu pas mal de mauvaises compréhensions", a expliqué jeudi Cuche, après l'annulation du dernier super-G de la saison à cause du mauvais temps.

Le skieur des Bugnenets avait mal supporté une critique ad nominen, "une envie de nuire" d'un journaliste selon lui, après sa sortie de piste en super-G aux JO de 2002, alors qu'il filait vers la médaille d'or. Depuis, et quelques blessures après, Cuche a appris à composer et à se faire apprécier.

En une semaine, il a ainsi offert une nouvelle gamme de son répertoire. Le 10 mars, au soir de l'entraînement de la descente de Kvitfjell (Norvège), Cuche, membre de la commission des athlètes sur la sécurité, avait téléphoné à Günter Hujara, directeur des courses, pour lui signaler que le premier saut de la piste des jeux Olympiques de 1994 était, selon lui, dangereux.

Mais ce coup de fil nocturne n'avait pas été du goût du sourcilleux Hujara qui avait fait infliger à l'insolent un avertissement et une amende de 5000 francs suisses.

Cuche a depuis fait amende honorable mais s'est bien payé la tête de l'autoritaire directeur en l'imitant un court instant lors de la conférence de presse dédiée à la descente mercredi à Lenzerheide. La veille déjà, son point de presse avait fait salle comble.

Le bonhomme passe sans problème du français, son idiome maternel, à l'allemand, la langue la plus répandue de la Confédération. "Le sport aide à rapprocher les différentes langues", explique le vétéran, aussi célèbre dans son pays que le Bâlois Roger Federer.

Et comment résister au charisme de celui qui revendique le ski comme "une passion avant tout", capable de sortir une tirade à la Cyrano: "Je peux paraître comme quelqu'un ayant une grosse carapace mais je peux vous dire qu'il en faut peu pour que je sois touché par des choses qui peuvent paraître ridicules, mais qui sont importantes à mes yeux."

Et puis, avec le temps, Cuche s'est construit un palmarès de tout respect, même s'il lui manque un titre olympique. L'an prochain, terminus probable de sa carrière, il relèvera deux défis: remporter enfin la descente de Wengen, la plus longue du circuit, et gagner une cinquième fois sur la Streif de Kitzbühel.