Marseille, l'an prochain, si tout va bien...

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Marseille a terminé sa campagne européenne sur une note amère mardi à Manchester face à une équipe abonnée des hautes sphères, nourri du sentiment que l'exploit était à sa portée mais suffisamment lucide pour diagnostiquer ses limites.

Comment revenir dans cette épreuve la saison prochaine pour tenter d'y franchir un nouveau palier? La question était sur toutes les lèvres à l'issue de ce match que le champion de France aborda par le mauvais bout puis termina par le bon. Mais il était bien trop tard.

A condition bien entendu de se qualifier de nouveau, ce qui n'est pas encore acquis au vu de la lutte acharnée qu'il se livre avec Lille et Lyon, la réponse est toute trouvée: il faudra se montrer plus percutant en attaque. Un air de déjà vu...

Ce n'est pas tant sur sa prestation défensive que sur ses occasions manquées devant que l'OM a en effet laissé passer le train. Certes, si les lignes avaient été plus resserrées, le terrain d'expression de Rooney, détonateur du jeu anglais, aurait été restreint.

Mais l'impression dominante est que les attaquants et ceux qui les alimentent n'ont pas suffisamment pesé ou n'ont fait que la moitié du travail. C'était le cas au match aller déjà. C'était aussi le cas à Chelsea en début de campagne européenne, où ils avaient été transparents. Symbole de cette impuissance: c'est un défenseur anglais, Wes Brown, qui a inscrit contre son camp le but marseillais.

L'entraîneur marseillais Didier Deschamps avait pourtant tout annoncé: "nous aurons sans doute trois ou quatre situations, et il faudra alors faire preuve de l'efficacité offensive maximale". Il ne s'était pas trompé. A ce stade-là, l'histoire ne repasse pas les plats...

A cet égard, la prestation insuffisante d'André-Pierre Gignac continue d'alimenter le débat. A sa décharge, l'ancien Toulousain a été très peu servi. De retour en compétition lors de la réception de Lille le 6 mars après deux semaines d'interruption sur blessure aux adducteurs, il manquait sans doute aussi de rythme. Mais son occasion en or manquée en début de match et son manque de tranchant à la reprise contrastent avec la froide réussite d'Hernandez, qui a transformé en buts ses deux ballons.

"Ils ont gagné en ayant sans doute moins d'occasions que nous. Mais c'est le réalisme... Ce qui fait la différence, c'est l'efficacité", ne pouvait que constater Deschamps, rappelant au passage le manque d'expérience de ses attaquants. Ce qui renvoie au constat lucide du milieu Benoît Cheyrou: "A Manchester, les joueurs comptent autant de matches de Ligue des champions que chez nous des matches de Ligue 1..."

Sur l'ensemble de sa campagne européenne, Marseille a néanmoins franchi un cap par rapport à la saison dernière, où, comme lors des trois précédentes, le train s'était arrêté à la phase de poule. Le passage en 1/8e marque une progression. Faire mieux sera difficile à court terme, au vu des temps de rigueur financière qui s'annoncent au club. Il ne faudra ainsi pas compter sur le mercato estival pour le recrutement d'un cador d'attaque. Pendant ce temps-là, Manchester fera son marché...