Bayern Munich: l'incroyable gâchis face à l'Inter Milan

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A l'image de sa défaite contre l'Inter Milan (2-3) mardi soir, le Bayern Munich est capable cette saison d'étouffer ses adversaires avec un football de rêve, avant de perdre complétement les pédales à force d'occasions gâchées et d'erreurs défensives.

Ce n'est pas la première fois qu'une équipe montre deux visages dans un match, fut-il un 8e de finale retour de Ligue des champions.

Mais c'est peut-être la première fois qu'elle y parvient avec une incroyable constance tout au long d'une saison, en Europe comme dans ses compétitions domestiques.

Malgré Gomez, co-meilleur buteur de l'épreuve (8 buts), malgré Ribéry et Robben de retour à leur meilleur niveau, malgré son record de points marqués en phase de groupes, le Bayern, finaliste de l'édition 2010, est déjà réduit en mars au rôle de spectateur.

Et le géant bavarois ne peut s'en prendre qu'à lui-même.

"Nous sommes les premiers responsables. C'est un coup d'épée dans le coeur parce qu'on a pratiqué pendant 65 minutes un football grandiose", a admis Gomez.

"Ce n'est pas la première fois que cela nous arrive, cela doit être la 5e ou 6e fois", a constaté Louis van Gaal.

Le Néerlandais, qui quittera ses fonctions en juin, un an avant le terme de son contrat, se trompe: c'est la septième fois depuis août que ses joueurs dominent outrageusement une rencontre et laissent revenir dans leur partie leur adversaire, pourtant au bord du KO.

Ces clubs qui ont profité des largesses ne sont pas tous comme l'Inter Milan, auteur d'un impressionnant triplé Ligue des champions, Championnat et Coupe d'Italie, mais se nomment aussi Mönchengladbach, Wolfsburg et Cologne.

"Mes joueurs veulent trop bien faire", a tenté d'expliquer sans vraiment convaincre Van Gaal.

"On fait toujours les mêmes erreurs de concentration alors qu'on aurait dû mener 4-1. Il y a toujours trop d'erreurs défensives", a regretté Robben.

Si ses joueurs ont pris la défense de leur entraîneur ("Il nous a dit ce que nous devions faire en 2e mi-temps, mais nous n'avons pas appliqué ses consignes", selon Robben), Van Gaal n'est pas exempt de reproches.

Depuis le début de la saison, il a trouvé 16 configurations différentes pour sa défense avec mardi soir une charnière centrale Van Buyten-Breno inédite qui a souffert devant Eto'o et Pandev.

Le technicien batave avait pourtant mesuré lors de sa précédente rencontre avec l'Inter la fébrilité de sa défense, qui avait explosé face à Milito en finale de l'édition 2010 (2-0).

Son entêtement à ne pas vouloir recruter de défenseurs d'expérience lui a coûté cher.

C'est l'autre constante de la saison du Bayern: Van Gaal n'en a fait qu'à sa tête, mais ses dirigeants en ont eu assez. Rien ne dit qu'ils lui laissent du reste terminer une saison déjà ratée, sans le moindre trophée, une humiliation pour le club le plus titré du football allemand.

Un nul ou une défaite contre Fribourg samedi en Championnat compromettrait encore plus la qualification pour la Ligue des champions 2011-12, le dernier et terne objectif du Bayern...