Ligue des champions: Pourquoi l'OM a été éliminé par Manchester United

FOOTBALL Battus à Manchester, les Marseillais ont manqué de tout pour vraiment y croire...

A Manchester, Antoine Maes

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Gabriel Heinze s'interpose devant Nani, le 15 mars 2011, à Manchester.
Gabriel Heinze s'interpose devant Nani, le 15 mars 2011, à Manchester. — D.STAPLES/REUTERS

De notre envoyé spécial à Manchester

«Il y avait la place». Cette phrase est revenue en boucle dans les bouches marseillaises, quelques minutes après l’élimination à Manchester, en huitième de finale de la Ligue des champions. C’est vrai, mais ce qu’il manquait, cet OM là n’était pas prêt à aller le chercher. Et contre les Red Devils, c’est une chose qui ne pardonne pas. 20minutes.fr, dresse la liste des manques, histoire de ne pas traîner sa déception, l’an prochain, après une nouvelle élimination à ce stade.

>>Un match à revivre en live comme à la maison

Par manque d’audace  – «On a manqué de culot», lâche Benoît Cheyrou. Le milieu de terrain olympien garde sa rancœur bien à l’intérieur, mais il n’est pas le seul à le penser: Marseille aurait pu tenter plus. C’était surtout vrai à l’aller (0-0), mais un peu au retour aussi, où les hommes de Didier Deschamps ne sont pas allés pilonner une défense Smalling-Brown tout à fait prenable. «On a joué 70 minutes, et pas 90, contre une équipe comme ça, ça ne pardonne pas», râle Souleymane Diawara. Symbole de cette frilosité, un début de match à contre-temps, où «le ballon nous brûlait les pieds, parce qu’on avait peur de mal faire», poursuit le défenseur marseillais.

Par manque d’expérience – Le constat est sec et sans appel. «Je ne fais pas un arrêt, mais ils ont deux occasions et ils marquent deux fois», peste Steve Mandanda. Le gardien phocéen met le doigt sur un point sensible. Manchester United a rarement été impressionnant, mais n’a jamais paniqué. «Ils ont été malins, et ils ont su gérer», remarque Stéphane Mbia. A l’image de Ryan Giggs et Paul Scholes, jamais flamboyants, mais qui ont été de parfaits GPS pour les Anglais. Des boussoles que n’a pas encore l’OM: Lucho, qu’on attendait beaucoup à ce niveau, s’est traîné comme une ombre sur les deux matchs.

Par manque de talent – C’est évident, mais c’est presque un sujet tabou. Au niveau individuel, ils ne sont pas nombreux dans l’effectif de Didier Deschamps à pouvoir rivaliser avec les Mancuniens. «On les a trop respecté, mais il aussi peut être manqué d’un peu de talent», assène Benoit Cheyrou. Sur les deux confrontations, seul André Ayew a surnagé. Et André-Pierre Gignac, auteur d’un raté monstrueux devant Edwin Van der Sar, n’est pas le seul coupable.  C’est trop peu dans le domaine offensif, alors qu’Alex Ferguson s’est permis de garder Berbatov sur le banc mardi. Quand Didier Deschamps a voulu forcer la décision, il a fait rentrer un Valbuena à court de rythme et Jordan Ayew.