Rugby XV de France: Chabal à Twickenham, deux ans après

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Sébastien Chabal retrouve une place au centre de la troisième ligne du XV de France pour défier l'Angleterre dans le Tournoi des six nations, samedi à Twickenham, deux ans après la déroute de 2009 (10-34) qui avait entraîné un déluge médiatique sur le plus célèbre des rugbymen français.

Chabal n'est pas du genre à "regarder vers le passé." Tout juste se souvient-il avoir été aligné en N.8, son poste de prédilection, en Angleterre lors du Tournoi 2007. Pas plus qu'il n'éprouve de sentiment particulier à l'idée de fouler la pelouse de Twickenham où de tout autre enceinte mythique, ni n'accorde de crédit aux "guéguerres de comptoir" sur ces Français qui n'aiment pas les Anglais et vice-versa.

La déroute du 15 mars 2009, en revanche, n'est pas oubliée. Positionné pour la première fois en troisième ligne --aile-- (N.7) par Marc Lièvremont, dans une refonte d'équipe dont l'entraîneur français a le secret, Chabal avait sombré avec ses partenaires dans le temple du rugby anglais, directement impliqué sur deux des cinq essais inscrits par le XV de la Rose.

"On se sentait prêts, on pensait qu'on allait faire quelque chose et on n'avait pas compris. On avait été pris de partout, dans tous les secteurs de jeu alors qu'en deuxième mi-temps, on avait quasiment fait jeu égal", se remémore-t-il.

Mais plus que la contre-performance, qui n'avait épargné aucun Français, ce furent les commentaires d'après-match qui avaient mis en fureur celui qui évoluait alors à Sale (Angleterre).

Dans la semaine suivante, les murs de la grande salle du Centre national (CNR) de Marcoussis (Essonne) avaient résonné d'une mémorable explication de texte, Chabal reprochant vivement aux "écrivains ratés" de manquer quelque peu de mesure.

Deux ans plus tard, les critiques sur la légitimité sportive de Chabal au sein du XV de France se sont nettement atténuées. Le natif de Valence (Drôme) a été désigné à deux reprises sportif préféré des Français par le quotidien l'Equipe et sa popularité, qui n'a aucun équivalent dans le rugby français, lui a même valu une statue de cire au musée Grévin.

Le joueur a réintégré sans fausse note le Championnat de France en août 2009 en épousant l'ambitieux projet du Racing-Métro avec son compère Lionel Nallet et a même réussi le coup de force de vaincre les réticences de Marc Lièvremont de l'utiliser au centre de la troisième ligne.

Etrennée en novembre contre l'Argentine et l'Australie, cette option a été retenue pour le "crunch" de samedi. Chabal (33 ans, 60 sélections) sera titulaire aux côtés d'Imanol Harinordoquy et du capitaine Thierry Dusautoir après deux entrées en jeu contre l'Ecosse (34-21) et en Irlande (25-22). "Je suis resté un peu sur ma faim en novembre. Je veux continuer ce que j'avais continué à montrer", projette-t-il.

Contrairement à 2009, l'Angleterre est la grande favorite du Tournoi en cette année de Coupe du Monde. "Martin Johnson (l'entraîneur anglais) a cherché son groupe pendant un petit moment. Ils ont réussi à composer leur +squad+ (groupe) avec une vieille garde qui est la garante des valeurs de leur rugby et une jeune génération bourrée de talent qui met un peu de pétillant à leur jeu que l'on connaissait souvent un peu trop direct et stéréotypé", décrypte Chabal, prêt pour une revanche.