Lille et Paris peuvent-ils gagner la Ligue Europa?

FOOTBALL En jouant le haut de tableau en championnat et en faisant tourner leur effectif...

R.S.

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Les joueurs du PSG, lors du mlatch de Ligue Europa contre le Karpaty Lviv, le 15 décembre 2010 en Ligue Europa, à Lviv.
Les joueurs du PSG, lors du mlatch de Ligue Europa contre le Karpaty Lviv, le 15 décembre 2010 en Ligue Europa, à Lviv. — G.Garanich/REUTERS

Fred Rutten est un entraîneur vexé. La semaine dernière en Ligue Europa, le coach du PSV Eindhoven n’a pas apprécié d’être opposé aux seconds couteaux lillois. Là où il attendait Hazard et Gervinho, il a eu droit à Obraniak, Gueye ou Vandame. Un affront pour un homme qui joue la C3 à fond. Pour Rudi Garcia, inutile de répondre à la provocation. Le coach lillois ne dira jamais que ces rendez-vous du milieu de semaine ne servent qu’à dégourdir son banc. Du moins pour l’instant. «En France on a peur de la fatigue, peste Adick Koot, traducteur occasionnel pour le PSV. Il faut se reposer 48h avant et 48h après. Mais ça ne marche pas toujours. Regardez, Lille a été battu à Montpellier alors que ce sont les remplaçants qui avaient joué trois jours plus tôt. Aux Pays-Bas c'est l'inverse.» Comme le PSG, Le Losc joue dans le haut du panier en championnat. Côté finances, une bonne place en championnat vaut toujours mieux qu'un parcours victorieux en C3.

L’argument économique explique en partie pourquoi la France compte moins de Coupes d’Europe que l'Ecosse ou le Portugal. En 1996, Bordeaux aurait pourtant pu inaugurer le palmarès français. Battus en finale par le Bayern, les Girondins n’avaient pas les moyens de jouer sur tous les tableaux. «Au bout d’un moment, on a privilégié l’Europe et délaissé le championnat, se souvient Jean-Luc Dogon, qui entraîne aujourd’hui les moins de 17 ans de Bordeaux. La saison d’après, on s’est retrouvé sans Coupe d’Europe. Il fallait bien faire un choix. L’UEFA, c’est un bon souvenir, mais on ne l’a pas gagnée. Donc ça reste une année bidon. Ça n’a rien apporté au club.» En réalité, tout dépend du moment à partir duquel l’équipe se prend au jeu. S’ils se hissent en huitième, peut-être que les coachs français lanceront leurs titulaires dans la bataille.

Montpellier s’en est remis

Dans ce cas, Dogon croit en l’exploit, «même si ça risque d’être compliqué. Vu leurs budgets, les clubs étrangers sont mieux armés.» Avec des prétendants comme Manchester City, Benfica ou Naples, le tableau est plutôt relevé. S’il arrive au bout, le PSG sortira vivant d’un périple de 17 matchs. Soit un demi-championnat.  Cela a peut-être indirectement découragé les Montpelliérains, éjectés par Hongrois de Györ au premier tour, l’été dernier. Six mois plus tard, cet échec de vacances est totalement enterré. «Derrière, on aurait laissé trop d’énergie et on aurait perdu des points en championnat, analyse Nenad Dzodic. On n’était pas assez armés pour jouer les deux compétitions.» Ce qui n’est pourtant pas le cas de Lille et Paris. Mais ça, personne n’a vraiment envie de l’avouer.