Tournoi des VI Nations: l'Angleterre fait sa révolution par l'arrière

Alexandre Pedro (avec N.S.)

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L'ouvreur de l'Angleterre, Toby Flood, le 4 février 2011 à Londres.
L'ouvreur de l'Angleterre, Toby Flood, le 4 février 2011 à Londres. — P.Noble / REUTERS

Mauvaise nouvelle pour les Français, le XV de le Rose pique de nouveau et paraît armé pour gagner ce Tournoi des VI Nations qui lui échappe depuis 2003.  Demandez plutôt aux Italiens surclassés par la vitesse anglaise le 12 février dernier à Twickenham (59-13). Cet après-midi là, l’ouvreur Toby Flood et ses copains ont prouvé avec huit essais à l’appui que les Anglais pouvaient aussi  gagner avec panache, vitesse et même créativité. Pour les clichés sur une Angleterre restrictive et froidement réaliste, il faudra repasser. Même Marc Lièvremont en salive: «Les Anglais  sont frais, disponibles. Je les trouve excellents, en pleine forme, en pleine confiance», salue le sélectionneur tricolore.

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Cette renaissance anglaise doit beaucoup à une nouvelle génération d’arrières  incarnée par le fantasque Chris Ashton, auteur de quatre essais et dont les plongeons au moment d’aplatir ont le don d’énerver son sélectionneur.  Pourtant, c’est bien ce petit brin de folie que recherche Martin Johnson avec les Flood, Cuetto, Ashton et Foden. Cette petite révolution anglaise n’a pas échappé à Sébastien Chabal.  «Ces garçons ont apporté de l'insouciance, confirme le numéro huit des Bleus qui a évolué pendant cinq saison de l’autre côté de la Manche à Sale. C'est ce qu'il manquait à cette équipe dans le passé. Après, le rugby anglais est toujours basé sur un affrontement direct mais ils sont maintenant de faire la différence n'importe où sur le terrain.»

«Pas invincible»

Un homme incarne le visage de cette nouvelle Angleterre, l’ouvreur Toby Flood (25 ans) préféré à l’icône Jonny Wilkinson dont il a longtemps été la doublure à Newcastle.  Moins régulateur qu’un «Wilko», Flood anime sa ligne d’attaque avec brio depuis le début du Tournoi. «S’il a mis Wilkinson sur le banc, c’est qu’il a quelques qualités», confirme l’ailier Vincent Clerc.

Cependant, Flood est à l’image de cette équipe d’Angleterre: euphorique, prometteuse mais encore perfectible. Anglais de passeport mais en charge de la défense du XV de France, David Ellis en pointe les faiblesses:  «Quand elle est sous pression, c’est une équipe qui se met souvent à la faute. Elle est aussi fragile sur ses extérieurs en défense.» Yannick Bru appelle lui Thierry Dusautoir et ses partenaires à ne pas se faire une montagne de cette équipe: «Nos joueurs rencontrent souvent les Anglais en Coupe d’Europe, et ils les battent régulièrement, rappelle l’entraîneur des avant du Stade Toulousain. Je ne suis pas certain qu’il faille voir l’Angleterre comme une formation invincible.»  Pas invincible mais capable de battre l’Australie à l’automne dernier. Et tout le monde ne peut pas en dire autant.