Des Diablesses sur patins à roulette

Thibault Logel

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Une vingtaine d'Alsaciennes jouent des coudes au sein des Hell's Ass Derby Girls.
Une vingtaine d'Alsaciennes jouent des coudes au sein des Hell's Ass Derby Girls. — G. Varela / 20 Minutes

Hello Junkitty, Race Kelly ou Bloody Veggie filent sur leurs rollers en mini-shorts et bas résilles. Au passage, elles n'hésitent pas à se pousser. Qui diable sont ces filles aux pseudos drôles et sexy prêtes à en découdre à même le bitume au nom du roller derby ? Les Hell's Ass Derby Girls !
Le film Bliss, réalisé par Drew Barrymore et sorti l'an dernier, a achevé de convaincre cette bande de filles de chausser leurs quads – rollers old school –  et de s'équiper de protège-dents et de protections multiples. Créé aux Etats-Unis dans les années 1930, le roller derby est un sport exclusivement féminin. Depuis peu, il revient à la mode Outre-Atlantique. Son arrivée en France doit beaucoup à Bliss. Vingt-trois équipes viennent d'être créées.
C'est sous l'impulsion de la Colmarienne Céline Hirtz que l'association Hell's Ass Derby Girls tente de rameuter le plus d'adeptes possible en Alsace depuis novembre 2010. Aujourd'hui, grâce notamment à Facebook, elles sont une vingtaine. D'autres, comme Clémence – « d'abord venue voir » –, ne vont pas tarder à se laisser séduire. Comme elle, les filles sont avant tout conquises par le côté « underground » du roller derby, qui « change des sports habituellement proposés aux filles »...

Ni féministe, ni girl power
Céline, la fondatrice des Hell's Ass Derby Girls, préfère prévenir : « C'est un sport de contacts où l'on tombe souvent. » En effet, lors d'un match, deux équipes de cinq joueuses s'opposent. Chacune compte deux jammeuses – les attaquantes – qui doivent traverser le pack avec l'aide de leurs coéquipières et en évitant les bloqueuses adverses. Mais pas question de rebuter les débutantes : « On accepte tout le monde ! »
Quand on leur parle de féminisme et de girl power, les filles rétorquent n'avoir aucune revendication et elles n'excluent pas les hommes. Leur coach se nomme Vladimir et Eric est l'un de leurs arbitres.
Les Hell's Ass Derby Girls s'entraînent deux fois par semaine à Strasbourg. Le jeudi en extérieur et le dimanche en salle grâce à l'association Strascross. Si l'ambiance est joviale, les bleus ne sont pas rares. Car ces derby girls s'en donnent à cœur joie en rêvant à de futures joutes face aux autres équipes françaises.