Les supporters partagés entre dialogue et résignation

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On a connu climat de crise plus électrique, même à Bordeaux. Il régnait hier matin un calme assez déroutant au Haillan, lors du premier entraînement des Girondins depuis leur cinglant revers lorientais. Vacances scolaires obligent, ils étaient un peu plus nombreux que d'ordinaire, installés derrière les barrières pour assister au maigre spectacle du jour : des joueurs qui sortent pour aller courir et qui rentrent, point final. Mais à leur passage, pas un mouvement d'humeur, pas une banderole brandie, juste la rumeur et les commentaires habituels.
« On a un peu laissé tomber ce genre d'action, reconnaît Romain, l'un des quelques Ultras présents. On pourrait venir à 500, ça ne changerait rien. Si c'est pour les voir baisser la tête… » Les fidèles du virage sud de Chaban-Delmas n'ont pas pour autant renoncé à mettre les protégés sous pression, comme ils l'avaient fait dans la nuit de samedi à dimanche à leur arrivée à l'aéroport de Mérignac. L'accueil houleux réservé à leurs protégés avait alors poussé Cédric Carrasso à leur proposer de se retrouver plus tard pour dialoguer. Une invitation rapidement suivie d'effet, puisqu'hier, au terme de cette séance matinale, sept d'entre eux sont partis déjeuner avec le portier international dans un restaurant de la banlieue bordelaise.
« Lui, on sait qu'il sera encore là l'année prochaine, c'est avec des joueurs comme ça qu'on peut construire », assure Yoann, l'un des participants. Afin d'établir un « rapport de confiance » avec le joueur, les Ultramarines ont décidé de ne rien laisser filtrer du contenu de leurs échanges. Mais leur but était clair : obtenir de lui quelques vérités non dites sur la vie du groupe.  « On a l'impression que certains joueurs ne veulent même plus jouer. Et ils ne sont pas seulement deux ou trois, poursuit Yoann. On aimerait savoir qui c'est. Ceux-là, il faut les sortir. »R. B.

Triaud inflexible

Toujours en vacances, Jean-Louis Triaud ne reste pas pour autant silencieux. Interrogé par nos confrères d'Aujourd'hui en France, il a réaffirmé hier son soutien à Jean Tigana. « La question de son départ ne se pose pas, a-t-il asséné. Il n'est ni arbitre, ni joueur ! Je l'ai eu au téléphone et il était déçu, mais que voulez-vous qu'il fasse ? Des claquettes ? » Le président des Girondins a également adressé une nouvelle pique aux arbitres. « Je n'ai jamais dit qu'ils étaient malhonnêtes, mais parfois incompétents, a-t-il glissé. On n'a pas le droit de se taire, car les enjeux sont lourds. »