Russie: inquiétudes sur la sécurité des JO de Sotchi après une fusillade

JO ET c'est la presse russe elle-même qui en parle...

© 2011 AFP

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Peur sur Sotchi. En Russie, les Jeux Olympiques n'auront lieu qu'en 2014, mais quelques faits divers viennent noircir le tableau. Vendredi soir, trois skieurs originaires de Mosco, ont été abattus à l'arme automatique vendredi dans la république autonome de Kabardino-Balkarie, à quelque 300 km de Sotchi, dans l'instable Caucase du Nord, au moment où ils se rendaient dans une station de ski proche du mont Elbrouz, la plus haute montage d'Europe (5.633 m).

Deux hommes masqués ont arrêté le minibus dans lequel ils circulaient avec trois autres skieurs, posé des questions et ouvert le feu avant de prendre la fuite, selon les enquêteurs. Le meurtre des skieurs s'est produit au lendemain de l'inauguration par le président russe Dmitri Medvedev et le Premier ministre Vladimir Poutine d'une nouvelle piste de ski olympique à Krasnaïa-Poliana, une station proche de Sotchi. Quelques heures plus tard, une explosion visant une remontée mécanique a provoqué la chute au sol de plusieurs télécabines, perturbant le fonctionnement de cette station de ski. Samedi, le maire d'un village en Kabardino-Balkarie a été tué par balles, et un policier a péri dans une attaque armée à Naltchik, capitale de cette république caucasienne. Dimanche, la police à désamorcé trois bombes dans un véhicule stationné à l'extérieur d'un hôtel de la région.

Le tourisme et l'industrie pris pour cible

«A trois ans des JO de Sotchi, de nombreux touristes russes et étrangers peuvent se rendre compte que voyager en Russie et dans le Caucase du Nord n'est pas sans danger», relève lundi le quotidien Vedomosti, dans un éditorial consacré à cette attaque à laquelle la presse russe accorde une large place. Des attentats et des attaques visent quasi quotidiennement des responsables des forces de l'ordre dans les républiques du Caucase russe. Mais «c'est la première fois qu'un acte d'intimidation prend pour cible des touristes et l'industrie du tourisme», souligne Vedomosti, voyant dans ces événements «un signe très inquiétant pour le Caucase du Nord et toute la Russie».

L'attaque contre les skieurs a été revendiquée par «L'Emirat du Caucase», le principal mouvement islamiste caucasien, qui a aussi également revendiqué l'attentat suicide fin janvier à l'aéroport de Moscou-Domodedovo (36 morts) et celui du métro de la capitale russe en mars 2010 (40 morts).Ces événements mettent en lumière les difficultés des autorités russes à assurer la sécurité dans l'instable Caucase du Nord, où la rébellion s'est progressivement islamisée après la première guerre de Tchétchénie (1994-1996) entre forces russes et indépendantistes.

«Le système de sécurité russe se concentre sur des points précis comme les carrefours routiers ou la sécurité des hommes d'Etat mais ne garantit pas la protection des voyageurs ordinaires», estime Vedomosti. Après les incidents en Kabardino-Balkarie, les autorités russes ont déclenché une «opération antiterroriste» qui se poursuivait lundi dans deux districts de la région, un régime qui permet de limiter les déplacements et de multiplier les fouilles. Fin janvier, au lendemain de l'attentat de Moscou, le président Medvedev a ordonné aux services secrets intérieurs d'accorder un «maximum d'attention" à la sécurité des JO de Sotchi, estimant que «les criminels, les bandits et les bas-fonds du terrorisme se préparent aussi» pour ces événements.La Russie va dépenser 1,4 milliard d'euros pour la sécurité des jeux Olympiques d'hiver, selon Vedomosti.