Mondiaux de ski: Elisabeth Görgl ou la victoire en chantant

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Pour Elisabeth Görgl, interprète de l'hymne officiel des Mondiaux de ski alpin, la victoire vient en chantant puisque l'Autrichienne a doublé l'or du super-G avec celui de la descente dimanche pour s'imposer comme la reine de la vitesse à Garmisch-Partenkirchen.

L'épreuve reine a accouché d'un podium royal avec en argent l'Américaine Lindsey Vonn, et en bronze, l'Allemande Maria Riesch, ces trois filles pesant à elles seules 17 médailles JO et Mondiaux confondues.

Si depuis la retraite de Michaela Dorfmeister et Renate Götschl, la Wunderteam peinait à trouver son nouveau bolide, Görgl a remis l'Autriche aux avant-postes de la vitesse.

Cela faisait presque deux ans qu'une skieuse autre que Lindsey Vonn ou Maria Riesch n'avait pu enlever une descente. Görgl, qui a fait presque toute la course en tête, a infligé 44/100e à Vonn, la championne olympique, auteur du même doublé aux Mondiaux de 2009.

"J'ai trouvé la trajectoire parfaite pour l'or. J'étais en position de vitesse très basse, presqu'à la limite. Je suis contente de gagner avec une telle marge. Je ne pouvais pas y croire", a raconté l'Autrichienne. "Avant la course, j'ai encore écouté l'hymne des Mondiaux et cela m'a inspirée."

Pour ses 30 ans le 20 février, elle aura de quoi célébrer.

Lindsey Vonn a pris l'argent contente de ne pas rentrer bredouille. "Cette médaille d'argent a le goût de l'or, car j'ai pu prendre le départ", a estimé l'Américaine, qui toute la semaine avait entretenu un vrai faux suspens sur ses capacités à défendre son titre.

Sonnée par une chute à l'entraînement le 2 février, la meilleure descendeuse des trois dernières saisons a été blessée d'avoir été comparée à "une reine de la dramatisation".

"Il y a des choses que je peux tout simplement surmonter, et d'autres non. La douleur, oui, mais la tête c'est différent. C'est comme si cela m'avait enlevé ma conduite et ma concentration", a souligné Vonn. "Les critiques dont j'ai été l'objet m'ont rendu triste. Je ne l'ai pas fait par malice, je n'ai pas crucifié Garmisch, j'ai simplement dit que la piste était trop glacée. Ce n'était pas le cas aujourd'hui, et j'ai adoré la course".

Mais le public bavarois, lui, n'a guère apprécié de la voir s'intercaler devant sa championne, qui connaît elle aussi des Mondiaux un peu difficiles, affaiblie par une grippe intestinale.

Avec sa deuxième médaille de bronze de la semaine, Maria Riesch estime que ses Championnats du monde chez elle sont "déjà un succès" et ce même si elle n'en ajoute pas d'autre à son compteur en slalom, une discipline dont elle a raflé tous les trophées les deux saisons précédentes.

Alors que la Suissesse Lara Gut avait terminé sa course les bras en l'air, convaincue d'avoir fait l'écart, les trois grandes favorites l'ont délogée du podium virtuel. Et la vice-championne du monde en 2009, victime d'une spectaculaire roulade dans le slalom du super-combiné, a pris la médaille en chocolat, comme en super-G.