Bruno Martini: «Créer une identité du sport parisien»

HANDBALL Le président du Paris Handball décrit le partenariat signé avec le Stade Français pour fidéliser un public commun...

Propos recueillis par Romain Scotto

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De part et d’autre de la porte de Saint-Cloud, les clubs parisiens ont fini de se toiser. Le Stade Français d’un côté et le Paris Handball de l’autre ont signé un partenariat afin de fidéliser un public commun. Jusqu’à la fin de la saison, les deux clubs ont décidé de permettre à leurs supporters respectifs d’assister aux matchs de leur voisin à tarif avantageux. Parce qu’il est possible d’apprécier une roucoulette et un cadrage débordement à la fois. Bruno Martini, le président du Paris Handball en est convaincu…
 
Comment est née cette idée de partenariat avec le Stade Français?
On le dit, on le répète, il y a des valeurs communes entre le rugby et le handball. Le but du jeu: se rapprocher des autres clubs de haut niveau parisien pour offrir un spectacle sportif à moindre coût. C’est nous qui avons sollicité le Stade Français. Ils ont répondu présent. Donc on en est ravis.
 
Vous croyez donc que le public du rugby peut aussi se tourner vers le handball?
Dans les deux cas, c’est un public sympa. Il n’y a pas, ou peu, de débordements au rugby et au handball. Je pense que les gens sont là pour apprécier un spectacle sportif. Il y a beaucoup de passerelles, d’atomes crochus entre les deux sports, au niveau du combat, de l’intensité physique, etc. Je pense que le public s’y retrouve dans l’un comme dans l’autre.
 
L’idée est que le public enchaîne un match du stade Français avec un match du Paris Handball par exemple?
Pas forcément puisque malheureusement les calendriers ne coïncident pas toujours. Mais c’est quelque qu’il faudra examiner pendant l’élaboration des calendriers. Et qu’on espère pérenniser. On pourrait jouer un samedi en lever de rideau et eux après. Ou l’inverse.
 
Vous avez tout de même plus besoin de leurs supporters qu’eux des vôtres…
On ne va pas se mentir. On n’est pas un club qui a la notoriété du stade Français et qui peut attirer 10.000 spectateurs sur un match. De ce point de vue là, c’est plus nous qui avons besoin d’eux, c’est incontestable. Mais je pense qu’on a tous intérêt à collaborer. On est plus forts à plusieurs.
 
Avec le PSG, une telle alliance est-elle faisable?
Oui, encore faudrait-il qu’ils nous répondent. On est preneurs de toute ces mutualisations et tout ce qui permet de rendre accessible le sport au plus grand nombre.
 
Envisagez-vous une collaboration plus large? Au niveau des structures d’entraînements et des partenaires par exemple?
Oui, pourquoi pas. Il faut bien que le rapprochement commence par quelque chose… Après, il faut voir si le Stade Français y a intérêt et s’ils veulent avancer avec nous.
 
Croyez-vous que cela aide à créer une identité sportive parisienne?
C’est une façon de créer une identité parisienne forte. A Paris, les spectacles sont innombrables et le public est volatile. Les clubs de haut niveau, à Paris, il n’y en a pas beaucoup. Trois: le Stade Français, le Paris Volley et nous. Le PSG et le Paris-Levallois (basket) ne sont pas à Paris. Nous, on veut montrer qu’il y a du sport de haut niveau dans la capitale. Si on peut créer une osmose et un message commun, ce sera que mieux pour nous.