Les Experts, meilleure équipe de sport collectif de tous les temps?

HANDBALL 20minutes.fr ose lancer le débat, au risque de se le reprendre en pleine face...

B.V.

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L'équipe de France de handball célèbre son titre de championne d'Europe à Vienne le 31 janvier 2010.
L'équipe de France de handball célèbre son titre de championne d'Europe à Vienne le 31 janvier 2010. — REUTERS/Oleg Popov

Champion olympique, du monde et d’Europe. Depuis 2008, les Bleus ont tout gagné et marche sur le monde du handball. Dimanche, s’ils remportent les Mondiaux en Suède, Julien Lepers pourra s’égosiller d’un «Quatre à la suite !» dont il a le secret. Et nos Experts, qu’il faudra forcément affubler d’un nouveau surnom, deviendront la plus grande équipe de sport collectif de tous les temps. Mieux que le Brésil 1970? Ouais. Plus spectaculaire que la Dream Team de Jordan? Carrément. Plus impressionnante que les volleyeurs auriverde? Grave. Plus boulimique que l’URSS en hockey sur glace? Evidemment. Sans franchouillardise de comptoir. Enfin presque.

Le Brésil 1970: Des danseuses sans concurrence

Alors évidemment, on entend déjà la bien pensance crier au scandale. On ne peut pas comparer l’incomparable. Un sport ne peut pas être mis en parallèle avec un autre, et blabla... Foot et handball, handball et foot... Universalité de l’un, européano-centrisme de l’autre. C’est vrai! Mais on s’en fout. Osons détruire certaines barrières. Oui, le titre de champion du monde est plus difficile à gagner en foot qu’en handball. Question de concurrence et du nombre d’équipe de haut niveau. Sauf que dans les années 1970, ils étaient peu à pouvoir contester la domination du Brésil. L’Italie? Vite fait. L’Allemagne? Sans plus. La France? Lol. Champions du monde en 1958, 1962 et 1970, le Brésil était certes une équipe ultra spectaculaire, mais d’abord portée par des stars (Garrincha puis Pelé) et un peu fainéante. En témoigne ses échecs répétés lors des Copa America des années 1970. Alors oui, pour épater la galerie avec des passes aveugles et des roulettes-petits pont, il y avait du monde, mais pour enchaîner les titres, c’est pas ça. Il aurait fallu gagner la Coupe du monde 1966 pour titiller nos Experts, les gars.

Le Brésil 1970:


L’URSS en Hockey sur glace (1960-1980): Seules les défaites sont légendaires

Bon, en termes de résultats, il n'y a pas photos. Nos amis cocos ont absolument tout gagné pendant environ vingt ans. Treize titres mondiaux entre 1960 et 1980 et les J.O 1956, 1968, 1972, 1976, 1984, 1988, 1992. Quand même. Sauf que tout le monde a oublié. Et pour plusieurs raisons. D’abord parce que, si vous avez bien lu, il manque deux titres de Jeux Olympiques. Et que ces deux défaites sont mille fois plus célèbres que toutes les victoires rouges réunies. En 1960 et, surtout, en 1980, l’URSS s’incline par deux fois face à une bande d’universitaires américains, en pleine guerre froide. Ça la fout mal. Ces deux défaites, appelées «miracle on ice», prouvent l’autre faiblesse de nos exploiteurs de kolkhozes. Ils perdent leur moyen en terrain hostile. Alors que nos Bleus, eux, ont gagné l’Euro 2009 face à la Croatie, et à Zagreb.

Miracle on ice (Lake Placid 1980)
 

Prep talk de l'excellent film Miracle:


Le Brésil de Giba: Du volley, soyons sérieux…


Face à Pelé, Giba peut gonfler le poitrail. Le capitaine de l’équipe brésilienne de volley est un monstre et son équipe bouffe les titres comme un ogre avale des gamins. Déjà, ils sont champions d’Amérique du Sud sans discontinuer depuis 1967. Et surtout, ils ont tout gagné depuis 2000: championnat du monde (3/3), Ligue mondiale (8/10) et J.O (1/2). Oui, un sur deux aux Jeux, car les Auriverde ont déconné à Pékin. Et ça ne pardonne pas. Quand on est la meilleure équipe du monde, on gagne le tournoi le plus important. Surtout dans un sport qui intéresse trois clampins, et qui oppose toujours les deux mêmes équipes en finale: Brésil et Cuba. Autant faire une «baston caïpirinha/cuba libre», caller ça en terrain neutre, genre au Surinam ou au Venezuela, et régler le problème une bonne fois pour toute.

Ahhh, Giba.
 

La Dream Team de 1992: Un mythe survendu

Larry Bird, Michael Jordan, Magic Johnson. Ouais, ça fait rêver. La Dream Team a fait bander la planète entière à Barcelone, certes. Mais pendant deux semaines, le temps d’une Olympiade. Car les blaireaux coachés par Chuck Daily ont calé un +40 à tout le monde et basta. Après, tout ce beau monde est parti chasser la baguouze de champion à la maison. Un «one-shot» ne suffit pas à faire d’une équipe la meilleure de tous les temps. Alors oui, Bird, Jordan, Johnson, ça vend du rêve. Mais certainement pas autant que Guigou-Abalo-Karabatic.



Et pour vous, c’est qui les plus forts? Les Experts? Les Brésiliens? Ou une équipe oubliée (Les Bleus de 1998? La Nouvelle-Zélande en rugby?) par notre équipe de fins chroniqueurs? A vous de débattre…