Championnat du monde: La Suède se fait toute petite avant de croiser les Experts

HAND Même à la maison, les Suédois ne partent pas du tout favori face à la France pour accéder à la finale de leur Mondial...

Alexandre Pedro à Malmö

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Nikola Karabatic face à un joueur suédois, en 2009, à Zagreb.
Nikola Karabatic face à un joueur suédois, en 2009, à Zagreb. — D.BANDIC/AP/SIPA

De notre envoyé spécial à Malmö

La Suède n’est pas réputée pour ses déserts. Pourtant, il s’agit bien d’un désert aride et désolant que son équipe de handball finit tout juste de traverser. Dans les années 90, la Suède des Wislander, Olsson et Lövgren a aligné les titres (quatre européens et deux mondiaux entre 1991 et 2002) comme Abba les tubes. Et puis la panne sèche. Une génération s’en va la trentaine bien dépassée et une autre ne prend pas le relais, incapable de se qualifier pour les deux derniers JO. «Les Suédois ont tiré sur la corde avec le même groupe pendant des années. Derrière, il y a  eu un vide énorme duquel ils sortent à peine», constatait Jackson Richardson avant le début de ce Mondial. 

Malgré une improbable défaite en début de tournoi contre l’Argentine, la génération 2011 s’est hissée par moments à hauteur de ses illustres et encombrants devanciers. Mais pas de quoi inverser les rôles. La France a plus la tête et les épaules d’un finaliste en puissance que son hôte. Le sélectionneur, Claude Onesta, ne dit pas autre chose. «Si les Suédois nous battent, ce sera forcément un exploit retentissant».

Privé de son meilleur joueur

Même chez elle, pas grand monde ne voyait la Suède déjà gratter une place dans le dernier carré. Si l’équipe entraînée par le duo Staffan Olsson et Ola Lindgren (deux anciens de la génération 90) a renvoyé chez elle la Croatie, elle a perdu dans la bataille son bras armé, le gaucher Kim Anderson. Et comme une tuile ne vient jamais seule, son suppléant Oscar Carlsen a laissé un genou face au Danemark.

Plus que le niveau intrinsèque de l’adversaire, Claude Onesta craint surtout «l’enthousiasme» de la jeunesse scandinave portée par une Arena de Malmö toute jaune, vendredi à 18h. Cette perspective ne gâche pourtant pas le sommeil de Michaël Guigou, revenu des ambiances les plus partisanes. «On a déjà joué contre 20 000 Allemands puis 17 000 Croates, alors on connaît la chanson», relativise l’ailier tricolore. Derrière son téléviseur, Christophe Kempé, voit déjà ses copains filer vers une cinquième finale mondiale. «Les Suédois sont encore trop tendres, ils risquent d’exploser en deuxième mi-temps», prophétise l’ancien pivot tricolore. Le passé récent va dans son sens. La Suède attend une victoire sur la France en match officielle depuis les JO de Sydney en… 2000. Depuis, le handball international a changé de propriétaire.