Pourquoi le marché des transferts ne décolle pas?

FOOT A moins d'une semaine de la fermeture du mercato...

Romain Scotto

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L'attaquant togolais Razak Boukari, lors de sa signature au Stade rennais, le 3 janvier 2011.
L'attaquant togolais Razak Boukari, lors de sa signature au Stade rennais, le 3 janvier 2011. — D.Meyer/REUTERS

A priori, aucun agent ne peut se réjouir de l’anémie actuelle du marché des transferts. Sauf quand ils règlent leur facture de téléphone. «En ce moment, c’est mort», témoigne Frédéric Guerra, l’agent de Loïc Rémy et Sidney Govou qui claque tout de même 1.500 euros dans son forfait mensuel. En ce moment, il ne décroche pourtant pas beaucoup son portable. «Environ cent fois par jour, contre quatre cent pendant le marché d’été, ça ne fait pas beaucoup. C’est normal, le marché est mort depuis début janvier.»

Cette année, il faut être supporter de Rennes (Boukari est arrivé de Lens) ou Lyon (Makoun vendu à Aston Villa) pour savoir que le mercato d’hiver est ouvert. Il sera même clos lundi soir, sans que cela ne bouleverse la vie de la plupart des clubs de L1, pas vraiment enclins à bouleverser leur effectif en cours de saison. Mis à part quelques transactions éparses, le marché hivernal se résume à une série de prêts insignifiants et un rapatriement en Russie pour des paroles un peu trop franches (Moussa Maazou).

«Des rouages millimétrés»

«Ça ne bouge pas parce que les clubs n’ont pas d’argent, tout simplement, avance Bruno Satin. Pour nous, ce n’est pas du gros business. Même l’été prochain, on s’attend à un marché difficile.» Avant lundi, l’agent de David N’Gog n’a qu’un dossier chaud à régler. Celui d’un Auxerrois (dont il préfère taire le nom) en mal de temps de jeu, qui souhaiterait être prêté. A part ça, il attend comme tout le monde une spirale économique vertueuse.

«Les clubs ne peuvent plus prendre de risque sur un joueur, enchaîne Guerra. Ils réfléchissent à deux fois avant de bouger. Un vestiaire, c’est 25 âmes en début de la saison. On n’en enlève pas une comme ça. les rouages sont millimétrés.» Le marché est si calme que certains doutent même de son utilité. Dans son rôle de consultant, Guy Roux reste le porte-voix des «anti-mercato». Récemment, Antoine Kombouaré lui a emboîté le pas, parlant d’une «aberration».

Un emballement dans les dernières heures?

Du côté des agents, les voix discordantes sont plus rares. Cette fenêtre permet tout de même à certains d’entre eux de travailler. «On résout des cas d’urgence, mais pas autre chose, explique Guerra. Je ne souhaite pas qu’il soit supprimé, mais vu à la vitesse à laquelle ça tourne, il ne sert pas à grand-chose.» Tout juste à colmater les brèches d’un effectif déséquilibré ou à alléger la masse salariale. «Si ça doit se passer cette année, ce sera encore dans les derniers jours. Voire les dernières heures, mais pas avant.» Histoire de rendre la facture de téléphone un peu plus salée.