« Je me sens bien française »

Recueilli par David Phelippeau

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L'ailière Yuliya Andreyeva.
L'ailière Yuliya Andreyeva. — F. Elsner / 20minutes

Le symbole d'une intégration réussie. Yuliya Andreyeva (27 ans), l'ailière-intérieure de Nantes Rezé (en déplacement, ce soir, au Hainaut), nous raconte les raisons de sa naturalisation française.

Une enfance consacrée à la balle orange. « Je suis partie de chez moi à 11 ans. Pendant quatre ans, j'étais à l'école sportive à Kiev. C'est comme l'INSEP, mais on ne sortait pas beaucoup et il y avait des grillages tout autour. Le soir, il y avait un couvre-feu. Les portes se fermaient à 21 h 30. On se levait tous les jours à 6 h 30 et le premier entraînement était à 7 h 30. Je ne rentrais que pour les vacances. J'habitais à 800 km de chez moi. Le basket, c'est une histoire de famille. Mes parents jouaient au basket mais en amateur et ma sœur évolue à Namur (Ligue belge). J'ai suivi cette voie toute tracée. J'adorais aussi la musique (violon et piano) mais une musicienne de 1m90, ça fait bizarre... »
Sa venue en France. « Je suis arrivée à 16 ans à Châteauroux sur les conseils de ma sœur. Je ne parlais pas un mot de français. Partir loin de chez moi ne me faisait pas peur car, dès l'âge de 11 ans, j'étais déjà à 800 km d'eux. Je suis partie d'Ukraine car je ne voulais pas me retrouver sur le banc dans une équipe là-bas. C'est très difficile de jouer là-bas. Il faut avoir très un grand niveau pour toucher de l'argent. Les bonnes équipes sont rares. Ma sœur avait vécu une mauvaise expérience de cinq ans au Dinamo Kiev, je ne voulais pas faire comme elle... »

Son intégration en France. « Cela fait plus de dix ans que je suis en France. Quand j'ai commencé à bien parler la langue et à bien la comprendre, je me suis dit pourquoi ne pas faire ma vie ici. Je n'avais de toute façon aucun avenir en Ukraine. J'ai toujours ma grand-mère là-bas mais mes parents ne sont plus de ce monde. Je me sens bien Française, et je me sens d'ailleurs plus Française qu'Ukrainienne (elle a dû de toute façon renoncer à sa nationalité ukrainienne car il n'y a pas de double nationalité là-bas). Quand je suis arrivée à Châteauroux (N3), le premier match que j'ai vu était Bourges contre Valenciennes. Cathy Melain m'avait impressionné et je m'étais dit ce jour-là : « J'aimerais un jour jouer contre cette fille ! » Mon rêve s'est réalisé il y a trois ans avec le NRB. »