Le crépuscule de maazou

Rémi Bostsarron

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«Il s'est éliminé tout seul. » Jean-Louis Triaud n'a pas mâché ses mots pour faire comprendre hier que Moussa Maazou devait s'imaginer un avenir ailleurs qu'à Bordeaux. Et si ce n'était pas assez clair, le président des Girondins a assuré qu'il y avait « peu de chances qu'on le revoie sous le maillot bordelais ».

Les ultras étaient là pour lui
Les propos controversés tenus jeudi dans nos colonnes auront donc coûté très cher à l'attaquant nigérien, qui avait déjà été sanctionné financièrement et sportivement. Mais avant même que son destin ne soit scellé dans les couloirs du château du Haillan, son retour à l'entraînement, quelques heures plus tôt, avait trahi une rupture irrémédiable avec les supporters.
Si tout le monde ne parlait que de lui autour du terrain synthétique, ce sont surtout les quelques Ultramarines présents qui lui ont fait connaître le fond de leur pensée. Eux qui avaient réclamé son exclusion dès lundi sont cette fois passés aux actes, décidés à lui rendre la vie impossible. « Rentre à Moscou ! », « T'as touché un ballon, belle progression ! », « C'est dur, hein, il faut faire des passes »,... Autant d'invectives qui ont laissé l'intéressé de marbre, mais pas Jean-Louis Triaud, qui est allé rappeler qu'il y avait « vingt-six autres joueurs à encourager ». Marc Planus a lui interrompu son échauffement pour leur dire que son jeune coéquipier était « gentil » et « un peu perdu ». Mais ces deux tentatives ont échoué, Maazou n'a eu la paix qu'en partant.
Quand il est revenu pour la deuxième séance de la journée, la sentence était déjà tombée. Il s'est pourtant entraîné comme prévu et sans chahut, le Haillan étant alors fermé au public. Reparti sans faire de déclaration, il va maintenant compter sur ses agents pour lui trouver un nouveau point de chute, comme l'a suggéré son président.
« S'ils nous proposent une solution, on l'examinera avec un œil bienveillant », a glissé Jean-Louis Triaud. Mais alors que le Nigérien nous avait assuré que l'entraîneur du CSKA Moscou, auquel il appartient, voulait le « faire revenir », ce vœu n'a pas été exprimé à la direction girondine.

Huis clos

Les incidents intervenus lors de la séance d'entraînement matinale, hier, ont refroidi Jean Tigana. Même si les exercices se sont déroulés normalement, l'ambiance qui régnait autour du terrain a semblé irriter plusieurs des coéquipiers de Maazou. Afin de préparer en toute tranquillité la réception de Nice, samedi (17 h), en championnat, le coach bordelais a décrété un huis clos pour la séance de ce matin (10 h). L'accès aux installations du Haillan sera donc interdit. En revanche, la séance de demain matin (10 h également) sera bien ouverte au public et à la presse.