Sione Lauaki: la pépite instable de Clermont

RUGBY Le troisième ligne, qui affrontera le Racing Metro mercredi avec les Auvergnats, est la révélation de l’année en Top 14...

B.V.
— 
Sione Lauaki (en jaune), face à Brive, le 28 août 2010
Sione Lauaki (en jaune), face à Brive, le 28 août 2010 — T.ZOCCOLAN/AFP

Il est arrivé à Clermont sur la pointe des pieds. En même temps, avec vingt kilos de trop, un passif d’alcoolique et de multiples condamnations pour bagarres, Sione Lauaki, colosse néo-zélandais aux 17 sélections avec les all-black, n’avait pas non plus de quoi la ramener. Venu pour relancer une carrière au point mort, celui qui était considéré dans sa jeunesse comme le futur meilleur n°8 du monde a trouvé, à 29 ans, le salut dans les vertus auvergnates. Barbe rasée, bedaine éliminée et coiffe en palmier, ce surdoué a rapidement trouvé sa place dans l’effectif des champions de France, qui retrouvent le Racing mercredi en top 14. Un adversaire qui lui plaît, puisqu’il a véritablement explosé à Colombes en octobre dernier, lors d’un match de Hcup face aux Ciel et Blanc. 

Une star dans l’hémisphère sud

«C’est un joueur totalement atypique, explique à 20minutes Julien Pierre, deuxième ligne de l’ASM. Il a un gabarit d’1m90 pour 120kg: quand il prend le ballon, on croit qu’il va aller au contact mais en fait il est capable de faire un cadrage débordement ou une passe après contact. Il est très, très habile techniquement.» Rapide pour son poids, capable de crochets dignes d’ailiers et de raffuts dévastateurs, Lauaki s’est rapidement affirmé comme la révélation du championnat et le maître à jouer d’une équipe moribonde. Pas vraiment une surprise pour son coéquipier. «Dans l’hémisphère sud il le connaissait beaucoup, explique Pierre, enthousiaste. C’était une star où il jouait.»

Il ne va pas prolonger à Clermont

Et comme lorsqu’il était Nouvelle-Zélande, Lauaki a un peu de mal avec la notoriété. De nouveau sur le devant de la scène, le Tongien de naissance se laisse parfois aller, la joue dilettante et exaspère les dirigeants clermontois. D’abord en «twittant» - son occupation favorite en dehors du rugby -  une blessure avant un match à Brive. Puis en refusant de prolonger son contrat en Auvergne, préférant une offre plus lucrative et le climat plus agréable de Bayonne. Génie tourmenté, aussi fantasque qu’imprévisible sur et en dehors du terrain, Lauaki sera passé comme un ovni à Clermont. A moins qu’il marque définitivement son passage en Auvergne d’une fin de saison à son image: déroutante.

En images, son match face à Toulouse, cette saison: