Les deux visages du XV de France

©2006 20 minutes

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Que faudra-t-il retenir du succès tricolore face à l'Irlande (43-31), samedi au Stade de France ? La première période, au cours de laquelle les joueurs de Bernard Laporte ont mis fin au suspense dès la 18e minute (19-0) ? Ou la deuxième, qui, sans deux ou trois placages décisifs, aurait pu voir le plus grand retournement de l'histoire du Tournoi des VI Nations ? « On a fait cinquante bonnes premières minutes et après, on a un peu explosé physiquement

Je suis déçu de cette dernière demi-heure, mais très content de la victoire, de l'enthousiasme manifesté, déclarait l'entraîneur français, évidemment soulagé par le résultat après l'humiliation subie à Murrayfield contre l'Ecosse (20-16) six jours plus tôt

On a quand même inscrit deux essais sur des lancements de jeu, derrière des mêlées, ce qui est rare

Et on a rarement marqué 40 points en cinquante minutes à une équipe du calibre de l'Irlande

» On pourrait toutefois souligner que le XV du Trèfle, au sein duquel le centre vedette Brian O'Driscoll s'est parfois senti bien seul, est assurément sur la pente descendante, ce qui risque de coûter prochainement son poste à Eddie O'Sullivan

« Nous avons offert le match aux Français, ils n'ont fait que profiter de nos erreurs, pestait le sélectionneur irlandais

Après, nous avons joué, tout simplement

» Cela aurait pu s'avérer payant face à des Bleus en panne sèche

« On n'avait plus d'essence dans le moteur », constatait le capitaine Fabien Pelous

Vainqueur d'une vaillante Italie (16-31) samedi, l'Angleterre, favorite de ce Tournoi des VI Nations, aura certainement tiré à distance les conclusions qui s'imposent

Sébastien Bordas