Agen: La revanche des «pousse-citrouille»

FOOTBALL Les footballeurs d'Agen, qui reçoivent le PSG dimanche en 16e de finale de la Coupe France, volent la vedette aux rugbymen...

A Agen, Gilles Durand

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L’affiche est inédite: dimanche, Agen (CFA2) reçoit Paris-Saint-Germain (L1) en 16e de finale de la Coupe de France. Pour une fois, la ville se met à l’heure du football. Un événement rarissime au pays où l’Ovalie est roi depuis plus d’un siècle. «Quand je suis arrivé dans le Lot-et-Garonne, il y a dix ans, on appelait les footballeurs des «pousse-citrouille» », se souvient Alexis Jourdan, éducateur de football à Marmande et entraîneur-adjoint du SU Agen. A l’époque, le club jouait en promotion d’honneur. Aujourd’hui, c’est le seul du département qui évolue à ce niveau. Depuis, il reconnaît que les footballeurs acquièrent d’année en année le respect. «Le département a quand même sorti un joueur comme Marouane Chamakh qui a joué chez les moins de 15 ans à Marmande», rappelle Alexis Jourdan qui fut son entraîneur. A Marmande ou Agen, les deux gros clubs du district, on commence seulement à voir arriver des joueurs venus de l’extérieur.

Pourtant, de l’eau sera passée sous la Garonne avant que le ballon rond ne fasse de l’ombre au rugby. «Question popularité, il n’y a pas photo, note Alexis Jourdan. Dans le secteur, à part les Girondins, personne ne vient voir les matches de foot, alors qu’au rugby, quelque soit le niveau, ça affiche complet.» La municipalité agenaise, en tout cas, ne fait aucune différence. Pour l'année 2010, elle a octroyé la même subvention au foot et à la section amateur de rugby: 110.000 euros. Avec un bonus de 100.000 euros pour les pros. «C’est vrai que la culture dominante, c’est le rugby, reconnaît Jean Dionis de Séjour, député-maire (NC) d’Agen. Mais, dans les quartiers, le foot est beaucoup plus présent.»

«En grandissant, beaucoup de footeux partent jouer au rugby»

En nombre de licenciés, le football n’a d’ailleurs guère à rougir devant son grand frère ovale. «A Marmande, par exemple, il y a davantage de licenciés en foot qu’en rugby», affirme Alexis Jourdan. A Agen, la différence est minime: 513 en rugby (dirigeants compris) contre 400 pour le foot. Sans compter les deux autres clubs de foot de la ville. «Mais l’environnement familial fait qu’en grandissant, beaucoup de footeux partent jouer au rugby, mais aussi au basket qui reste très populaire», précise l’entraîneur adjoint d’Agen.

Pourtant, foi de dirigeants, aucun antagonisme n’existe entre foot et rugby. «Il y a de la place pour tout le monde, souligne Eric Tolot, directeur commercial du club de rugby d’Agen. La preuve, on leur prête volontiers nos installations pour préparer la rencontre de dimanche.» Pour recevoir Paris, les footballeurs vont ainsi abandonner leur petit terrain de foot où s’entassent à tout casser 200 spectateurs, pour investir le stade Armandie, fort de ses 14.000 places. Comme quoi, il y a encore un monde d’écart entre les deux sports.