Il exerce le meilleur job du Dakar

DAKAR 2011 Robert Mentaverri est chronométreur sous la tente de départ. La meilleure place de toute la caravane, selon lui...

Romain Scotto, à Copiapo

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Robert Mentaverri, un des chronométreurs du Dakar, dans la tente de départ, entre Tucuman et Jujuy, le 4 janvier 2011 sur la route du Dakar.
Robert Mentaverri, un des chronométreurs du Dakar, dans la tente de départ, entre Tucuman et Jujuy, le 4 janvier 2011 sur la route du Dakar. — R.Scotto/20minutes

De notre envoyé spécial à Copiapo (Chili),

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Et le carnet de bord de Guerlain Chicherit...

«Attends, il est à peine dix heures et tu veux attaquer le blanc et le saucisson?» Gros dilemme sous la tente de départ. Entre deux cactus, l'équipe de chronométreurs doit tuer le temps pendant une heure, en attendant l'arrivée des premiers pilotes autos, en début de spéciale. La dernière des motos vient tout juste de filer. Robert Mentaverri en a terminé de son pointage.

Tous les matins depuis trois ans, ce bénévole entoure un à un les numéros des pilotes qu'il voit défiler devant la cahute de départ. Avec son talkie et son chapeau, c'est lui qui vérifie quotidiennement l'ordre de passage. «C'est un des meilleurs postes. On ne travaille que le matin. A 14h on a fini. On charge le bus et on roule jusqu'au départ suivant. Donc on a le temps de s'arrêter, découvrir les restos, faire du tourisme, parler aux gens.» Avec ses sept équipiers, Robert dort peu, mais au moins, il profite du voyage, calé sur ses vacances.

Le même travail qu'en gare de Bayonne

A l'ombre de sa tonnelle, il ne voit peut-être pas beaucoup d'images de la course. Mais sur le Dakar, personne ne voit quoi que ce soit, à moins de travailler en hélico. Un privilège réservé aux médecins et aux équipes de télés. Pour s'informer, le chronométreur suit les événements à la radio, où affluent les messages du PC course. «On écoute... Mais parfois, les mecs tombent juste devant moi, quand ils attendent en file indienne. Comme il y a la queue, on les arrête et ils perdent l'équilibre.»

Au fil des passages, la cadence des départs s‚accélère. Toutes les deux minutes pour les meilleurs, puis une minute, trente secondes. L'homme au talkie décrit alors son job. «J'ai juste à vérifier le numéro et à l'heure à laquelle le pilote part.» Rien de bien dépaysant pour cet agent SNCF de la gare de Bayonne, dont le boulot «est de faire partir les trains à l'heure». Soit. Au moins sur le Dakar, il n'y a pas débat.