Coupe de France: Une Ligue 1 croquée par les petits

FOOT Des 32e de finale douloureux pour l'élite…

B.V.

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Les joueurs de Chambéry lors de leur victoire contre Monaco, le 8 janvier 2011
Les joueurs de Chambéry lors de leur victoire contre Monaco, le 8 janvier 2011 — JP. CLATOT/AFP

Un véritable calvaire. Avec dix clubs éliminés en une seule journée samedi, dont deux contre des équipes de cinquième division, la Ligue 1a connu les pires 32e de finale de son histoire.

Un contexte ultra-favorable
Les Français raffolent des surprises en Coupe et la compétition est «construite pour rendre ces exploits possibles, comme l’explique Guy Roux, quadruple vainqueur de l’épreuve avec Auxerre. Les hôtes sont inversés (les petits reçoivent toujours, au-delà de deux divisions d’écart) et les matchs à élimination directe.» Là où les Espagnols jouent en aller-retour et les Anglais organisent un match d’appui en cas d’égalité.

De plus, les 32e de finale ont lieu le premier week-end de janvier, une période de reprise et de terrains difficiles, ce qui nivèle les valeurs. Guy Lacombe, entraîneur de Monaco sorti par Chambéry (CFA 2) et mécontent de l’arbitrage, compare ainsi ce contexte de chasse aux gros à une «dérive populiste». «Les médias sont là et il faut que les petits passent. C’est incroyable que le corps arbitral soit tombé dans ce piège-là.»


Des amateurs pas si modestes
«On a respecté la consigne de les laisser jouer. On savait qu’à un moment donné ils allaient faire une erreur...» La maitrise tactique et la lucidité de Sadio Sankharé, capitaine du Paris FC, facile tombeur de Toulouse, témoignent de la progression des «petits», qui bénéficient de l’apport de joueurs formés dans les grands clubs mais qui n’ont pas percé. «Le niveau moyen du football amateur augmente, témoigne Guy Roux. On a plus 45 centres de formation et 100 000 Français qui jouent mieux au foot qu’avant. Et il faut souligner la qualité des entraîneurs, qui sont obligés de passer des diplômes.» 

Une perte d’intérêt
Et si la Coupe de France était la compétition de trop? Dans un calendrier surchargé et à la sortie des vacances, les équipes de Ligue 1 ont clairement un «vrai problème de motivation» à affronter les petits, souligne Guy Roux. Au point de privilégier en début de saison la Coupe de la Ligue, autrefois décriée, mais dont le parcours est plus court et qui elle, a contrario, a été faite pour éviter les surprises, avec la mise en place de têtes de séries.