Top 14: Au Stade Français, Guazzini est "confiant pour l'avenir"

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Le président du Stade Français Max Guazzini se dit "confiant pour l'avenir" de son équipe, malgré sa 9e place du classement du Top 14 de rugby avant de recevoir Toulouse samedi au Stade de France, mais aussi du club dont "tous les comptes sont en ordre" après une cure d'austérité.

Q: Le Stade de France sera-t-il plein pour la réception de Toulouse samedi ?

R: "On va vers un match à guichets fermés. C'est une bonne surprise. La date n'était pas facile, un 8 janvier, j'étais un peu inquiet. Cela prouve que malgré le fait qu'on ne soit pas en tête du classement et qu'on sait très bien que ce match va être difficile pour nous, on a un public qui nous aime et qui vient nous voir. Depuis quelques années, on a réussi à faire un club populaire. Il faut des performances sportives mais parfois, l'affect dépasse tout cela."

Q: Que coûte et que rapporte au club un match au Stade de France ?

R: "Cela dépend du remplissage. Notre contrat avec le Stade de France nous interdit de communiquer sur la location. Ce que je peux dire, c'est qu'elle est très élevée, et même trop élevée pour nous. On en fait trois cette saison (Toulon, Toulouse et Clermont, ndlr). Quand on va au Stade de France, si on ne veut pas prendre un bouillon sur le plan financier, il faut être sûr de le remplir. Le cahier des charges est très lourd, les animations coûtent cher et on essaie de varier. Bien sûr, si on le remplit bien, cela nous laisse une marge."

Q: Le Stade Français avait été copieusement sifflé à l'aller au Stadium...

R: "Entre Toulouse et nous, il y a une vraie histoire sportive. Elle a commencé à Brive le jour de la demi-finale en 1998. On les avait battus 39-3 avant d'être champions de France, j'en étais surpris moi-même. L'année suivante, ils nous donnent une fessée en quart au Stadium, on prend cinquante pions (51-19, ndlr). On s'est retrouvés souvent. L'an dernier, ils ont même gagné de façon violente, 29 à 0. C'était la première fois qu'on était fanny à domicile depuis 18 ans que je suis président. Le public parisien est très respectueux et c'est vrai qu'à Toulouse, on est sifflé. C'est dommage, Toulouse est le plus grand club européen, ils ont un beau palmarès, ils n'ont pas besoin de ça."

Q: La greffe Michael Cheika a-t-elle pris ?

R: "Oui, bien sûr qu'elle a pris. Ce qui nous plombe, ce sont ces deux défaites stupides (à domicile) contre Bayonne et contre Brive. On a pris des essais en contre et voilà. Sinon, on aurait six points de plus, ce qui change tout. On vient de faite match nul à La Rochelle. Ce n'est pas évident d'aller gagner là-bas. Que je sache, le champion de France Clermont s'y est cassé les dents. Moi, je sens que ça se passe bien au niveau du vestiaire, les joueurs sont bien ensemble. Je suis confiant pour l'avenir."

Q: Le Stade Français a récemment été auditionné par la DNACG. La cure d'austérité a-t-elle porté ses fruits ?

R: "Tous nos comptes sont en ordre. Il y a une crise économique. On avait un modèle qui, avant la crise, s'autosuffisait, à savoir que les recettes équivalaient les dépenses, ce qui est quand même rare. Avec la crise, la machine s'est un peu enrayée. La suppression du DIC (droit à l'image collectif, ndlr) est aussi arrivée alors que les contrats sont toujours en cours. Dans ces conditions, vous devez forcément réduire votre budget. La DNACG est très stricte et c'est bien ainsi. Il y a aussi le Salary Cap (plafond salarial). Il faudrait peut-être qu'il soit respecté et je n'ai pas l'impression qu'il le soit."

Q: Pensez-vous à un club en particulier ?

R: "Ecoutez, nous, on le respecte, on déclare tout. Je vois des clubs qui paient les joueurs trois fois plus que nous et qui ont des budgets inférieurs aux nôtres. Je me dis: trouvez l'erreur."