« Le basket m'a ouvert les yeux »

RECUEILLI PAR Jérôme pagalou

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Le bondissant Américain souffre régulièrement d'une tendinopathie du genou droit, qui n'est pas opérable.
Le bondissant Américain souffre régulièrement d'une tendinopathie du genou droit, qui n'est pas opérable. —

15,7 points, 8,6 rebonds de moyenne et... 26 tatouages sur les bras : Davon Jefferson (24 ans) ne passe vraiment pas inaperçu depuis son arrivée à Villeurbanne. Il se confie à 20 Minutes avant la réception de Vrsac demain (20 h) que l'Asvel doit battre d'au moins 4 points pour poursuivre l'aventure en Eurocup.

Vous sentez-vous déjà un leader dans ce jeune effectif de l'Asvel ?
Je suis quelqu'un de calme, mais ouvert. Le staff me demande de devenir un leader sur et en dehors du terrain. Je pense que je commence à l'être, pas par la parole, mais par mon jeu et ma défense.

Le succès à Göttingen la semaine passée a-t-il eu valeur de déclic ?
Disons que désormais, nous n'abandonnons plus les matchs, comme on l'a vu vendredi face à Pau [95-88, a.p.]. En début de saison, nous aurions perdu ces deux rencontres. Mais nous faisons davantage confiance en chacun de nos coéquipiers.

Le coach a également changé...
Vincent Collet avait gagné le championnat et savait quoi faire pour y parvenir à nouveau. Il nous vendait ses systèmes tel un publicitaire, mais on ne comprenait pas toujours ses souhaits. Surtout, on ne voulait pas toujours appliquer ses consignes. L'atmosphère était différente à ce moment-là. Tout le monde s'énervait quand un joueur ratait un shoot. Nordine Ghrib est au moins aussi dur, mais il nous laisse plus de libertés dans le jeu. Par contre, j'avoue que je le comprends mieux quand il me parle en français qu'en anglais (rires) !

Comment appréhendez-vous cette réception décisive de Vrsac demain ?
C'est un match à la vie à la mort et je suis très excité. En général, on a déjà un peu en tête les vacances de Noël en famille lors du dernier match de l'année. Là, ce ne sera pas le cas !

Une élimination pourrait-elle remettre en question votre avenir à l'Asvel ?
Non, j'ai un contrat de deux ans et je ne peux pas partir comme ça. Je me sens bien ici et ma mère m'a d'ailleurs rejoint pour vivre chez moi.
La NBA n'est-elle pas

dans un coin de votre tête ?
Je n'ai commencé le basket qu'à 16 ans et je n'ai jamais rêvé de NBA. Je voulais être pompier ! Ne pas être drafté a été une déception, mais le basket m'a ouvert les yeux en me permettant de découvrir une autre partie du monde. Aujourd'hui, je me sens bien mieux en Europe qu'aux États-Unis. Quand je pense qu'avant de partir jouer en Israël [au Maccabi Haïfa, de 2008 à 2010], je craignais de débarquer en Irak (rires) !

milan macvan

Le leader de Vrsac sera-t-il à l'Astroballe demain pour ce tournant d'Eurocup ? En instance de transfert vers le Maccabi Tel-Aviv, Milan Macvan a signé 15 points en 36 minutes en Ligue Adriatique samedi face à Zadar (74-88). « Je pense qu'il jouera encore ce match. Cette équipe serait totalement différente sans lui. On sent que c'est leur chef de guerre [sic] », souligne Davon Jefferson, qui avait tant bien que mal limité son influence (13 points, 8 passes et 7 rebonds) lors de la défaite (97-93) à l'aller.