Retour gagnant pour le Rennais Fabien Lemoine

Jérémy Goujon à Rennes

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Abdoul Razzagui et Victor Hugo Montano félicitent Fabien Lemoine, auteur d'une passe décisive pour son retour en Ligue 1, le 18 décembre 2010.
Abdoul Razzagui et Victor Hugo Montano félicitent Fabien Lemoine, auteur d'une passe décisive pour son retour en Ligue 1, le 18 décembre 2010. — AFP PHOTO / DAMIEN MEYER

À une minute près, c’était pareil. Bordeaux-Rennes, Rennes-Valenciennes: le même type de match «pourri», pour reprendre l’adjectif employé par Frédéric Antonetti en Gironde. L’issue est cette fois beaucoup moins grave pour Fabien Lemoine. Il y a quatre mois, le milieu de terrain subissait une ablation du rein. Pour son retour en L1, samedi, il a délivré une passe décisive amenant la victoire in extremis de son équipe contre le VAFC (1-0).

Il a pourtant bien faillit ne pas fouler la pelouse. Alors qu’il piaffait d’entrée en jeu en fin de match, un mauvais timing de l’arbitre assistant (provoquant la colère de l’entraîneur corse), puis un ballon toujours présent dans l’aire de jeu, ont retardé la grande échéance. Avant la délivrance. «J’avais des fourmis dans les jambes. Ça n’a pas été très long, cinq minutes, mais c’est un des plus beaux jours de ma vie. C’était superbe, j’ai ressenti beaucoup d’émotion.»

«Ce n’est pas un cadeau que je lui ai fait»


Le constat est sincère, touchant. Il traduit le bonheur intensément vécu par le milieu de terrain rouge et noir, que l’on croyait perdu pour le football, il y a encore quelques semaines. Son retour a enthousiasmé, à juste titre, des spectateurs jusqu’ici congelés par la température et la prestation des deux équipes. «J’aurais préféré revenir face à Lyon, devant 30 000 personnes, car là, il n’y avait pas beaucoup d’ambiance. Mais il y a eu du bruit quand je suis entré, ça m’a fait chaud au cœur.»

«J’avais besoin de lui, c’est tout», avouait Frédéric Antonetti à la fin de la rencontre. «Ce n’est pas un cadeau que je lui ai fait», ajoutait-il, comme pour se justifier. On parlera donc de coaching gagnant, selon l’expression consacrée. Un changement qui eut le don de provoquer une joie rarissime chez les joueurs et le staff, sitôt le but inscrit. L’effet Fabien Lemoine, sans doute.