FFF: Fernand Duchaussoy élu président et la réforme votée

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La Fédération française de football s'est remise en ordre de marche samedi avec une Assemblée générale qui a élu Fernand Duchaussoy président et adopté la loi-cadre sur la réforme de la gouvernance, mais elle doit immédiatement se tourner vers le vote des nouveaux statuts, le 2 avril.

Depuis six mois, "il y a eu des répliques" du séisme de Knysna, a déclaré Fernand Duchaussoy, intérimaire devenu samedi président de plein exercice et qui sort renforcé de ce semestre tourmenté.

De la démission de Jean-Pierre Escalettes après la "grève du bus" jusqu'à cette assemblée générale, la FFF a effectivement été durement secouée, par les licenciements (Domenech), les démissions (Houllier, Lambert, Thuram) et les intrigues.

Mais en votant à une large majorité en faveur de la loi-cadre (82,7%) et en légitimant le candidat unique Fernand Duchaussoy (79,4%), les participants à l'AG ont au moins offert "un beau et nouveau départ à la FFF", selon les termes du président de la Ligue de football professionnel (LFP) Frédéric Thiriez.

La question du président avait en fait été évacuée vendredi lors d'un Conseil fédéral au cours duquel Noël Le Graët, vice-président de la fédération, avait renoncé à se porter candidat, suivant les conseils de plusieurs représentants du monde professionnel - ses alliés théoriques - soucieux de ne pas mettre en danger une réforme qu'ils jugent cruciale.

Celle-ci, issue des Etats généraux du mois d'octobre, a donc été adoptée samedi sous la forme d'une loi-cadre dont certains points posent néanmoins encore problème.

Parmi les changements qui ne font plus débat, l'élection du président et d'un comité exécutif resserré (10 membres, plus les présidents de la LFP et de LFA, membres de droit) au scrutin de liste sur la base "un homme, une équipe, un projet", figure au premier rang.

"L'élection du président qui relevait surtout de la cooptation, c'est terminé", a ainsi affirmé M. Thiriez.

Ce comité exécutif sera flanqué d'une Haute Autorité représentant toutes les composantes du football et qui disposera d'un pouvoir d'alerte et de contrôle. Sa composition exacte reste à préciser, ainsi que le nombre de ses membres, de 18 à 25.

La pérennisation de la contribution financière versée par le monde professionnel au monde amateur (2,49% des droits audiovisuels et des recettes des paris sportifs) avec un plancher fixé à 14,26 millions d'euros par an est également acquise.

Mais c'est la question du poids respectif des "pros" et des amateurs au sein de l'assemblée générale qui provoque le plus de crispations.

"La démocratie, ce n'est pas donner plus de pouvoir aux plus riches", a ainsi déclaré avant le vote Philip Guyot de Caila, président du district du Pays Minier (Saône-et-Loire), opposé comme d'autres à la montée en puissance des "pros" (de 25% aujourd'hui à 37% selon la loi-cadre).

"Nous devons montrer que la crise est dépassée et mettre la fédération en ordre de marche. Je vais voyager dans les districts pour convaincre", a assuré Duchaussoy, qui s'est dit "tendu sur l'objectif du 2 avril".

A cette date, une assemblée générale extraordinaire doit adopter les nouveaux statuts de la fédération, issus de la loi-cadre et des travaux à venir.

"Ecrire tous les textes en deux mois et demi et les faire adopter le 2 avril, ça va être une sacrée paire de manches", a reconnu Bernard Barbet, vice-président de la LFA.

Si l'objectif est atteint, il sera temps de se consacrer à la première élection au scrutin de liste prévue le 18 juin.

"Les ambitions individuelles légitimes, au service de l'intérêt général, pourront s'exprimer lors d'une période de campagne électorale déterminée", a déclaré Duchaussoy, qui "ne sait pas" s'il sera candidat.

Noël Le Graët, coincé samedi par la neige à Guingamp, le sera peut-être.