FFF: Duchaussoy candidat au nom de la réforme, la guerre des chefs attendra

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Fernand Duchaussoy sera le candidat du Conseil fédéral samedi lors de l'élection du président de la Fédération française de football, Noël Le Graët ayant renoncé vendredi à se présenter et à déclencher une guerre des chefs qui aurait pu être fatale à la réforme de la gouvernance.

L'annonce en a été faite devant la presse par... un ancien président de la FFF, Jean-Pierre Escalettes, toujours membre du Conseil fédéral. "La sagesse a prévalu", a-t-il estimé après la réunion, saluant la "grande noblesse" de Noël Le Graët.

Le vice-président de la FFF a en effet jeté l'éponge lors de la réunion du Conseil fédéral, laissant le champ libre à Fernand Duchaussoy, désigné candidat lors d'un vote à bulletins secrets, qui n'était pas prévu (14 voix pour, 2 contre, 4 abstentions).

Selon M. Duchaussoy, le président de Guingamp en avait pourtant "véritablement envie". Il a d'ailleurs laissé planer le doute sur sa candidature jusqu'au dernier moment et a d'abord dit en début de réunion qu'il prendrait sa décision samedi avant l'assemblée générale.

Pour expliquer son choix, M. Le Graët a mis en avant dans un communiqué l'"objectif prioritaire" de l'assemblée fédérale: "l'adoption de la réforme de la gouvernance de la FFF".

"Pour lui donner les meilleures chances d'être votée, l'unité entre football professionnel et football amateur est indispensable. Face à cet enjeu capital pour l'avenir de l'institution, je ne serai pas celui qui divise", a-t-il ajouté.

Si M. Le Graët, issu du monde professionnel, aurait eu de réelles chances d'être investi par un Conseil fédéral où Fernand Duchaussoy n'a pas que des soutiens, le risque était en fait sans doute trop grand d'être rejeté par une assemblée générale où les amateurs pèsent toujours 75% des voix, d'autant qu'il n'était même pas certain de faire le plein des voix professionnelles.

La semaine dernière, le syndicat des clubs professionnels (UCPF) et le président de la Ligue professionnelle Frédéric Thiriez avaient d'ailleurs plaidé pour un statu quo jusqu'au 18 juin, date de la prochaine assemblée élective, érigeant en priorité absolue le vote de la réforme.

Les questions de personnes étant donc évacuées pour quelques mois, le point principal à l'ordre du jour de l'assemblée de samedi redevient donc le vote de la loi-cadre.

"Ce ne sera pas si évident d'obtenir 66% des voix pour une réforme un peu iconoclaste par rapport à nos traditions à la FFF", a affirmé Fernand Duchaussoy.

Le texte a néanmoins de grandes chances d'être adopté. Mais les débats pourraient être animés autour de quelques sujets qui fâchent encore: la répartition des voix entre professionnels et amateurs, surtout, car certains amateurs ne sont pas disposés à accorder 37% aux "pros", mais aussi la composition de la Haute Autorité qui réunira les représentants des "familles".

Une fois la loi-cadre votée, "les textes seront écrits en février et on aura deux mois pour bosser et convaincre", a déclaré M. Duchaussoy, fixant "le vrai rendez-vous" au 2 avril, date à laquelle une assemblée extraordinaire devra voter les nouveaux statuts.

La guerre des chefs pourra alors reprendre, dans le cadre d'un scrutin de liste. "Moi je serai loyal et Noël sera loyal. Les autres aussi, car il y aura d'autres candidats", a affirmé Duchaussoy.